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CLEARSTREAM L'ex-Premier ministre a nié pied-à-pied toute implication...

Vincent Vantighem

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Dominique de Villepin s'adresse a la presse avant d'entrer dans la salle d'audience dans l'affaire Clearstream.
Dominique de Villepin s'adresse a la presse avant d'entrer dans la salle d'audience dans l'affaire Clearstream. — S. Ortola / 20 Minutes

«Trop, c'est trop. On pourrait me croire parfois!» Il aura finalement fallu attendre quatre heures et dix minutes d'audition pour observer l'un des rares signes d'exaspération de Dominique de Villepin. Soumis au feu roulant des questions du tribunal correctionnel de Paris, l'ex-Premier ministre a passé ce mercredi après-midi a nié pied-à-pied toute implication dans l'affaire Clearstream.
 
Un visiteur secret à l'Intérieur

Veste noire sur chemise blanche, il s'est dit «heureux de pouvoir apporter [sa] contribution à l'émergence de la vérité». La plupart du temps avec solennité. Quelques fois avec une pointe d'humour.  Le nom de Nicolas Sarokzy a-t-il été mentionné lorsqu'on lui a parlé de Clearstream? «A aucun moment, il n'a été fait référence à lui.» Et le visiteur secret qui venait le voir alors qu'il était ministre de l'Intérieur? «Il a finalement été identifié et longuement interrogé: c'était mon kinésithérapeute!», lâche Villepin dans un sourire. «Je ne savais pas que Gergorin pratiquait les massages», répond du tac-au-tac le procureur Jean-Claude Marin.
 
Dialogue de sourds

Malgré tous ses efforts, le procureur, très piquant, n'est pas parvenu à démêler le vrai du faux entre Villepin et Gergorin. Le premier assure qu'il n'a assisté qu'à deux réunions consacrées à Clearstream. Le second parle d'une quinzaine d'entretiens. Le premier explique qu'il n'a jamais formulé de «demande spécifique». Le second parle d'instructions transmises à Villepin par le président de la République.

Un dialogue de sourds auquel l'avocat de Nicolas Sarkozy a mis fin. Après avoir passé l'après-midi à classer ses questions dans de petites pochettes rouges, Thierry Herzog a attaqué Villepin frontalement. Il n'a pas eu plus de succès. «Vous n'arriverez pas à démontrer une implication du ministre que j'ai été pour des actions que je n'ai pas commises, lui a rétorqué l'ancien Premier ministre. Cela montre bien ce que votre tentative a de désespéré.» Pour en être sûr, il faudra tout de même attendre le jugement.

 micro
Fou rire dans la salle avant l'ouverture de l'audience. Alors que Villepin déclame son discours dehors, un micro du tribunal capte le son et se met à le retransmettre à tous les avocats qui s'installent. «C'est dément», réagit Thierry Herzog.