Décès d'une ado après un vaccin contre le cancer du col de l'utérus: «Les incidents ne sont pas plus fréquents chez ces jeunes femmes»

INTERVIEW Jean Belaïsch, ancien président de la Société française de gynécologie, répond à trois questions...

Propos recueillis par Julien Ménielle

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Une infirmière vaccine une patiente.
Une infirmière vaccine une patiente. — Mychele Daniau AFP/Archives

En Grande-Bretagne, le vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) provoque une psychose après la mort d'une jeune fille. 20minutes.fr a demandé à Jean Belaïsch ce qu'il en est de ce côté de la Manche.

La vaccination contre le papillomavirus humain, comment ça se passe en France?
Nous la proposons à nos jeunes patientes entre 14 et 16 ans, l'idéal étant de les vacciner avant leur premier rapport sexuel. En effet, l'idée est d'empêcher le virus de pénétrer dans l'organisme. Mais il n'y a aucune obligation. Les patientes et leurs parents prennent la décision, nous nous contentons de leur expliquer les avantages et les inconvénients du vaccin.

Quels sont ces avantages?
Les résultats sont excellents quant à la protection que fournit ce vaccin contre le papillomavirus. Une récente étude australienne a même démontré que l'entourage des jeunes filles vaccinées, y compris les garçons et les filles non vaccinées, étaient moins contaminés que les autres. Ce virus est responsable de 70% des cancers de l'utérus en causant des lésions précancéreuses. Mais le vaccin protège aussi contre les crêtes de coq, et contre les cancers du vagin, de la vulve et de l'anus.

Et les inconvénients?
Le risque est avant tout que les femmes vaccinées négligent la surveillance par frottis réguliers, qui reste indispensable. Au niveau des effets secondaires, peu de choses. Une étude de très grande envergure menée aux Etats-Unis a montré que les incidents ne sont pas plus fréquents chez les jeunes femmes vaccinées contre le HPV que dans la population générale du même âge. Mais une augmentation du nombre de phlébites (formation d'un caillot sanguin bouchant une veine, ndlr) a été relevé, ce qui amène à se renseigner sur les antécédents familiaux des patientes en la matière.