Villepin est attendu à la barre

Vincent Vantighem et Oriane Raffin

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Depuis le début du procès, il a pris beaucoup de notes. Histoire de peaufiner son discours. Cet après-midi, Dominique de Villepin passera son grand oral devant le tribunal correctionnel de Paris. Les juges d'instruction lui reprochent d'avoir laissé l'affaire Clearstream s'emballer, tout en sachant que les listings étaient faux et que Nicolas Sarkozy ne possédait pas de compte occulte à l'étranger. C'est ce qu'on appelle, en droit, de « la complicité de dénonciation calomnieuse ».

Hâlé et élégant, l'ancien Premier ministre est apparu détendu depuis l'ouverture du procès. A l'extrême gauche du petit banc des prévenus, il n'a cillé qu'une seule fois : quand Imad Lahoud - le falsificateur présumé des listings - a soufflé à voix basse qu'il le « connaissait bien ». Le président du tribunal devrait logiquement remettre cette question sur le tapis cet après-midi. Villepin ne joue pas que son casier judiciaire sur cette controverse, mais son avenir politique. « Je suis ici par l'acharnement d'un homme : Nicolas Sarkozy, avait-il lancé dans la salle des pas perdus le jour de l'ouverture du procès. J'en sortirai blanchi au nom du peuple français. » Premiers éléments de réponse ce soir. W