« Bien plus gagnante avec deux jobs qu'avec le RSA »

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Le RSA pour les jeunes de moins de 25 ans, pourquoi pas, mais il faudrait d'abord qu'ils sachent ce que c'est. « C'est le truc pour les pauvres ? », interroge Julie, étudiante en ostéopathie. Dubitative, elle ne se sent pas vraiment concernée parce qu'elle jongle entre deux petits jobs « pas trop difficiles » (baby-sitting l'après-midi et vente de glaces le soir) et elle « fait avec ». Faute de véritable aide financière, le cumul des emplois est monnaie courante chez les jeunes. Et le RSA, de 185 euros en moyenne par foyer, ne semble pas faire changer d'avis les cumulards.

Anne-Catherine, 23 ans, enchaîne 40 heures de travail par semaine entre un job dans un fast-food et un autre dans un grand magasin pour un total de 1 500 euros par mois. Le RSA, elle connaît vaguement et se dit qu'un petit complément financier serait bienvenu, tout en précisant qu'elle reste « bien plus gagnante avec deux jobs ». Christine, 24 ans, employée à temps partiel dans un magasin de vêtements pour 680 euros brut chaque mois, doit s'adapter pour concilier job et études. « La vie est un peu difficile parce que je ne suis pas boursière. Du coup, je bosse dix-huit heures par semaine et parfois tard le soir, jusqu'à 22 h. A ce rythme, l'investissement personnel pour mes études est difficile à gérer. » Selon elle, le RSA, « c'est déjà un pas », mais il ne serait qu'un montant d'appoint et « cela ne va pas sortir les jeunes de la précarité non plus ». En revanche, « il faudra travailler deux ans, et c'est un peu trop. Je pense qu'un an serait bien. » W

Corentin Chauvel