Le ping-pong Gergorin-Lahoud continue

CLEARSTREAM Au cinquième jour du procès, les deux hommes ont continué à se rejeter les fautes...

Oriane Raffin, envoyée spéciale au Palais de Justice de Paris

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Le parquet de Paris considère en revanche que les charges sont suffisantes pour renvoyer devant le tribunal les quatre autres protagonistes du dossier, parmi lesquels l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, qui a reconnu être le corbeau qui a adressé les faux listings au juge Renaud van Ruymbeke.
Le parquet de Paris considère en revanche que les charges sont suffisantes pour renvoyer devant le tribunal les quatre autres protagonistes du dossier, parmi lesquels l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, qui a reconnu être le corbeau qui a adressé les faux listings au juge Renaud van Ruymbeke. — Francois Guillot AFP/Archives

Pendant plus de cinq heures, Jean-Louis Gergorin a été passé au crible des questions du président, du procureur et des avocats. Objectif: définir s’il est à l’origine ou non de la falsification des listings de Clearstream.

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Jean-Louis Gergorin joue les crédules: ces noms, ces listings, il y a cru. Vraiment. Même quand le nombre de transactions augmentait. «Plus y'en avait, plus j'y croyais!», s’enthousiasme-t-il.

«Je me suis retrouvé comme une poule devant un couteau»

Puis Jean-Louis Gergorin raconte comment il a rédigé les lettres anonymes envoyées au juge van Ruymbeke: «Je me suis retrouvé comme une poule devant un couteau, à devoir rédiger une lettre anonyme.»

Imad Lahoud, lui, nie tout en bloc. «Non monsieur le président.» Non, il n’a pas tapé les lettres anonymes. A peine reconnaît-il: «Je n'ai donné à Jean-Louis Gergorin que le dernier envoi» et «je lui ai remis tout simplement un CD Rom que j'ai gravé».

Dominique de Villepin compte les points

L’ancien premier ministre, également sur le banc des prévenus, n’aura pas beaucoup été mis en danger ce mardi. Lors d’une courte intervention, il a réaffirmé n’avoir «jamais eu connaissance du listing», n'y avoir «jamais contribué».

A la barre, ni Imad Lahoud, ni Jean-Louis Gergorin ne le mettront en danger. Pendant l'interruption de séance, Olivier Metzner, son avocat, souligne que le nom de son client «n'a pas été évoqué». «Il se voit exonéré par Jean-Louis Gergorin lui-même», précise-t-il.

Mercredi, à la barre, ce sera à Dominique de Villepin qui devra répondre au question du président. Mais «il n'y aura pas de scoop», prévient son avocat, «il restera dans ses positions, car lui, contrairement à d'autres, a toujours été constant dans ses déclarations».