Nicolas Sarkozy annonce l'extension du RSA aux jeunes actifs

ECONOMIE Sans surprise, le président n'a pas souhaité étendre ce dispositif à tous les 18-25 ans...

Catherine Fournier

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Nicolas Sarkozy a annoncé l'extension ,sous conditions, du RSA aux moins de 25 ans, le 29 septembre 2009 à Avignon.
Nicolas Sarkozy a annoncé l'extension ,sous conditions, du RSA aux moins de 25 ans, le 29 septembre 2009 à Avignon. — P. WOJAZER / REUTERS

C’est l’annonce principale de son discours. Nicolas Sarkozy a confirmé ce mardi depuis Avignon l'extension du Revenu de solidarité active (RSA) aux jeunes, à condition qu'ils aient déjà travaillé deux ans sur une période de trois ans.

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Le Président n'a donc pas retenu la proposition initiale qu’avait faite Martin Hirsch dans son Livre vert sur la jeunesse, qui suggérait d'étendre le RSA à tous les 18-25 ans. Nicolas Sarkozy l'a martelé: il ne veut pas d'un RMI jeunes, qui consisterait «à en faire des assistés». «J'ai été élu sur la revalorisation du travail et sur la justice.» Le Président compte donc faire d’une pierre deux coups avec ce RSA pour les jeunes actifs.
 
Il a en effet insisté sur la dimension arbitraire et caduque de la limite d'âge de 25 ans. «Qui peut comprendre que le travailleur de 25 ans d'une entreprise a le droit au RSA et que le même travailleur de 24 ans dans la même entreprise depuis six mois n'y ait pas le droit?», s'est-il insurgé. Les 18-25 ans pourront donc bénéficier d'un complément de revenu dans le cadre de leur activité professionnelle.
 
Expérimentation de la dotation autonomie
 
Plus surprenant, le chef de l'Etat s'est par ailleurs déclaré favorable à l'expérimentation d'une autre mesure suggérée par le Haut Commissaire aux Solidarités actives, plus polémique. Il s'agit d'une «dotation autonomie», versée au jeune à sa majorité pour financer un permis de conduire ou logement par exemple. Un mécanisme qui suppose l'amputation d'une partie des allocations familiales perçues par les parents, au profit de leur progéniture. L'idée fait grincer des dents certains élus de droite, attachés à la politique familiale. Le dispositif sera expérimenté sur 8.000 jeunes, sur la base d'environ 3.000 euros versés sur deux à trois ans.
 
Des plates-formes régionales d'orientation
 
Nicolas Sarkozy a également annoncé quelques mesures en faveur de l'orientation, comme la création d'un livret de compétences pour les élèves, actualisé régulièrement en fonction de leur parcours, ainsi que la mise en place de plates-formes régionales d'orientation, rassemblant les principaux acteurs du secteur. L'idée est de prévenir le décrochage scolaire. Un référent sera désigné dans chaque établissement pour soutenir les élèves fragiles.
 
Quant à ceux qui quittent le système scolaire à 16 ans, ils devront être accompagnés et bénéficier de «tous les leviers d'insertion utilisés pour aider les décrocheurs: école de la 2e change, contrat d'insertion, apprentissage», a énuméré le chef de l'Etat, plaidant pour une «contractualisation des droits et devoirs» de ces jeunes (6.000 dans un premier temps). Ceux «qui acceptent de jouer le jeu» recevront une dotation «one shot» de 2.500 euros. Nicolas Sarkozy a également reprise une proposition de l'UMP pendant la campagne des européennes: créer un Erasmus des apprentis.
 
500 millions d'euros

Concernant la formation supérieure, le Président a également confirmé l'octroi d'un dixième mois de bourse aux étudiants, en contrepartie d'un dixième mois de cours, les formations universitaires étant jugées trop courtes. Autre point cher à Nicolas Sarkozy: les stages. Il a répété qu'il n'acceptait pas que les stagiaires deviennent un «sous-statut», annonçant que «les stages hors cursus seront interdits». Une disposition pourtant déjà prévue dans la loi sur la formation professionnelle adoptée au Sénat

Au total, le coût du plan s'élèvera à 500 millions d'euros, dont la moitié pour l'extension du RSA, a précisé l'Elysée à l'issue du discours.

Service civique

Nicolas Sarkozy propose de renforcer le service civique dès 2010. De 10.000 jeunes, le chef de l'Etat veut passer à 70.000 bénéficiaires, soit 10% d'une classe d'âge.