Thomas Pesquet: « Je m'imagine bien aller sur Mars un jour »

ESPACE Thomas Pesquet est le seul français sur les six nouveaux spationautes européens. Il entame sa formation...

Laure de Charette

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Sélectionné parmi dix mille candidats, Thomas Pesquet a été pilote chez Air France.
Sélectionné parmi dix mille candidats, Thomas Pesquet a été pilote chez Air France. — P. VERDY / AFP

Comment se passe votre formation de spationaute, qui se déroule à Cologne (Allemagne) ?

Thomas Pesquet : Là, je rentre d'un jogging en forêt pour travailler l'endurance. Je vais suivre dix-huit mois de cours intensifs, notamment en sciences pour savoir comment fonctionnent la Station spatiale internationale (ISS), les lanceurs, etc. J'ai trois mois pour parler russe couramment. Des cours de plongée sont prévus pour préparer les sorties dans l'espace, les sensations sont les mêmes sous l'eau qu'en impesanteur ! Il y aura aussi un stage de survie, en cas de problème dans la capsule de retour.

Vous avez été sélectionné parmi dix mille candidats. C'est pire que la « Star Academy » !

En effet ! Quand un collègue du Cnes (Centre national d'études spatiales) m'a dit que l'Agence spatiale européenne recrutait, j'ai tenté ma chance, sans conviction. A la fin, c'était délicat : on était plus que 45, 30 puis 10... Un soir, chez des amis, mon portable a sonné... j'étais pris ! Je n'ai pas dormi de la nuit.

Vous réalisez un rêve de gamin ?

Oui. Au fil des ans, j'ai accumulé les morceaux, comme dans un Lego, pour construire mon rêve. Après Supaéro à Toulouse, je suis devenu pilote chez Air France, j'ai travaillé au Cnes, je faisais du parachutisme et de la plongée. J'ai vu récemment une navette décoller à cap Canaveral, ça m'a mis l'eau à la bouche...

Quelles seront vos missions ?

Je serai prêt à décoller en 2013. Nous irons sans doute sur la Lune vers 2020. Et je m'imagine bien aller sur Mars un jour, je suis sûr que ça vaut le coup. C'est sur nous que reposent les missions européennes des quinze-vingt prochaines années. On est vraiment la relève.

En août, vous avez rencontré Buzz Aldrin, qui a marché sur la Lune. Que vous a-t-il dit ?

Il m'a dit : « Tu devras être patient et respecter tes aînés. » Je n'ai pas osé lui marcher sur le pied, je me suis contenté de lui serrer la main ! W