Un député UMP veut supprimer une aide de 150 millions d'euros aux restaurateurs

FISCALITÉ acques Le Guen estime qu'avec la baisse de la TVA, cette aide ne se justifie plus...

Avec agence

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La baisse de la TVA de 19,6 à 5,5% dans la restauration a eu lieu en 2009.
La baisse de la TVA de 19,6 à 5,5% dans la restauration a eu lieu en 2009. — G. VARELA / 20 MINUTES

Il ne va pas se faire que des amis. Le député UMP du Finistère Jacques Le Guen a suggéré ce dimanche de supprimer les exonérations de charges pour les restaurateurs et hôteliers qui nourrissent leur personnel, ce qui rapporterait 150 millions d'euros, au lieu de fiscaliser les indemnités en cas d'accident du travail.

«Plutôt que de fiscaliser les indemnités journalières des accidents du travail, pourquoi ne pas supprimer les exonérations de charges qui ont été maintenues pour les cafetiers, hôteliers et restaurateurs qui nourrissent leur personnel?», demande le député dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France de dimanche. «Cela rapporterait 150 millions d'euros à la Sécurité sociale, soit sensiblement la même chose que la taxation des indemnités journalières», ajoute-t-il.

Un bilan sur la baisse de la TVA

Selon le quotidien, la suppression de cette mesure était prévue, une fois la baisse de la TVA sur la restauration (de 19,6% à 5,5%) entrée en vigueur le 1er juillet 2009. Mais elle a finalement été maintenue. Le député UMP propose en outre qu'un bilan de la baisse de la TVA «en termes d'embauche et de baisse des prix» soit tiré en fin d'année et que celle-ci soit suspendue si les choses n'ont guère évolué.

Selon les derniers chiffres communiqués mi-septembre, la baisse des prix dans la restauration est toujours très inférieure aux promesses des professionnels. D'après le secrétaire d'Etat au Commerce, Hervé Novelli, elle a été globalement d' «environ 1,6% sur juillet et août».

Si tous les restaurateurs appliquaient le «Contrat d'avenir» signé entre la profession et l'Etat (au moins sept produits en baisse d'au moins 11,8%), la baisse des prix devrait être de 3%, selon les calculs du gouvernement et de la profession.

«C’est ridicule!»

«On nous a accordé cette aide (les exonérations de charge, ndlr) parce que nous étions les seuls à devoir nourrir notre personnel. Ces messieurs de l'UMP préfèrent-ils que nous distribuions des tickets restaurants afin que les employés aillent s'acheter un sandwich? C'est ridicule!», a réagi Jean-Pierre Chedal du Synhorcat, deuxième syndicat des restaurateurs.

«La baisse de la TVA comporte trois engagements sur trois ans et on ne peut pas les remplir en trois mois. Nous sommes au milieu du chemin en ce qui concerne la baisse des prix», a-t-il fait valoir dans un communiqué.