Six gendarmes accusent leur hiérarchie de propos racistes et de discriminations

GENDARMERIE Ils font partie d'une unité basée à Satory...

O.R.

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Des échauffourées se sont produites mercredi soir entre une cinquantaine de jeunes d'un quartier de Châteaudun (Eure-et-Loir) et des forains, a-t-on appris auprès des gendarmes.
Des échauffourées se sont produites mercredi soir entre une cinquantaine de jeunes d'un quartier de Châteaudun (Eure-et-Loir) et des forains, a-t-on appris auprès des gendarmes. — Mychele Daniau AFP/Archives

Six gendarmes mobiles basés à Satory près de Versailles (Yvelines) se disent les cibles de propos racistes et de discriminations de la part d'autres gendarmes. Ils ont mandaté leur avocat pour saisir la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) en vue de l'ouverture d'une enquête.

Affectés dans les Yvelines depuis plusieurs années, ces six gendarmes ont «depuis leur arrivée été régulièrement victimes de propos racistes tout comme ils font l'objet de discriminations», selon la saisine de la Halde.

Insultes et humiliations


Un de ces gendarmes auraient ainsi été «maintes fois» appelé «bougnoule» par le commandant de l'unité qui lui rappelle également, selon l'avis de saisine, qu'«il est le "quota" du secrétariat.» Deux autres gendarmes, d'origine maghrébine et de confession musulmane, affirment eux aussi avoir été l'objet d'«humiliations» au cours de séances de remises de galons. LeParisien.fr relate ainsi que «lors d'une cérémonie officielle, un capitaine a trempé dans la bière les galons de sous officiers qu'il devait remettre à deux gendarmes de confession musulmane puis leur a demandé d'ouvrir la bouche pour y accueillir les galons imbibés d'alcool...»

La direction de la gendarmerie, qui n'a pas encore eu connaissance de la saisine de la Halde, a confirmé qu'un gendarme d'origine maghrébine s'était plaint en février auprès de sa hiérarchie de propos racistes tenus par son commandant d'escadron. Selon le Service d'information et de relations publiques des armées (Sirpa-gendarmerie), l'officier avait alors écopé de trente jours d'arrêt, soit une «lourde sanction».

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