Julien Dray gagne son procès en diffamation contre «Le Point»

JUSTICE Le député socialiste, lui-même visé par une enquête préliminaire sur des mouvements de fonds suspects, avait été décrit comme un «acheteur compulsif»...

J. M. avec agence

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Le député PS Julien Dray s'efforce de faire face aux révélations du contenu de l'enquête sur de présumés mouvements de fonds à son profit en menaçant de poursuites journaux et sites internet et en chargeant un "jury indépendant" de se pencher sur son patrimoine.
Le député PS Julien Dray s'efforce de faire face aux révélations du contenu de l'enquête sur de présumés mouvements de fonds à son profit en menaçant de poursuites journaux et sites internet et en chargeant un "jury indépendant" de se pencher sur son patrimoine. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Pas de quoi s'acheter une Rolex. Le directeur de la publication du Point, Franz-Olivier Giesbert, a été condamné ce vendredi par le tribunal correctionnel de Paris à verser une amende de 1.001 euros à Julien Dray au titre des dommages et intérêts. Le député socialiste avait intenté une action pour «diffamation publique» contre l'hebdomadaire qui l'avait décrit comme un «acheteur compulsif», et réclamait 40.000 euros.
 
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La formule incriminée apparaît dans le numéro du 12 février du Point, qui avait consacré un dossier aux politiques et l'argent, avec un article intitulé Les addictions de Julien Dray. La 17e chambre a estimé que son auteur «a manqué à son obligation d'effectuer une enquête sérieuse, faute pour lui de tout mettre en oeuvre pour contacter la partie civile» et de rappeler «les nombreuses déclarations et dénégations» du député dans les médias.
 
En plus de l'amende, Franz-Olivier Giesbert devra en outre publier un communiqué judiciaire faisant état de sa condamnation et s'acquitter d'une somme de 3.500 euros de frais de justice.
 
Marathon judiciaire

Depuis le 10 décembre 2008, Julien Dray est visé par une enquête préliminaire sur des mouvements de fonds suspects à partir de comptes de l'association Les Parrains de SOS Racisme et de l'organisation lycéenne Fidl, depuis janvier 2006.
 
Le vice-président du conseil régional d'Ile-de-France avait déjà gagné le 27 avril son procès contre L'Est Républicain pour atteinte à la vie privée, après la publication par le quotidien d'un rapport de Tracfin sur son train de vie. Deux autres actions intentées au Monde et à Libération pour diffamation ont été renvoyés respectivement aux 22 et 23 octobre.