La majorité veut faire entendre sa voix

POLITIQUE Les journées parlementaires commencent ce jeudi au Touquet...

E. L.

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La majorité UMP à l'Assemblée nationale a étouffé jeudi la fronde d'une partie de ses membres en refusant de toucher au bouclier fiscal à l'occasion de l'examen du collectif budgétaire, en pleine journée de grève et de manifestations face à la crise.
La majorité UMP à l'Assemblée nationale a étouffé jeudi la fronde d'une partie de ses membres en refusant de toucher au bouclier fiscal à l'occasion de l'examen du collectif budgétaire, en pleine journée de grève et de manifestations face à la crise. — Bertrand Guay AFP

Entre le sommet du G20 et les rebondissements du procès Clearstream, les journées parlementaires de l’UMP qui débutent ce jeudi au Touquet (Pas-de-Calais) risquent bien de passer inaperçues. Mais le groupe de la majorité ne l’entend pas ainsi et va tout faire pour ne pas être éclipsé. Le chef de file des députés UMP a d’ailleurs montré l’exemple mercredi en annonçant le premier la possibilité de fiscaliser les indemnités liées aux accidents du travail. Un exemple de «coproduction législative», chère à Jean-François Copé. «Notre idée simple, explique le chef de file des députés UMP: être utile au président et aux Français. Etre à ses côtés pour faire réussir la France. Ca veut dire aussi qu'on propose des choses: 40 % des lois doivent venir de nous (- de 10% à l'heure actuelle, ndlr) Le métier de député doit être différent en 2012 que celui de 2007.»

Des journées à suivre sur 20minutes.fr, avec notre envoyé spécial sur place

De quoi mettre du baume au cœur pour des députés UMP un peu malmenés ces derniers temps. Dernièrement, les parlementaires de la majorité n’ont pas caché leur sentiment de ne pas être assez consulté par le gouvernement. Inquiétude autour de la taxe carbone, grogne au sujet de la réforme territoriale, interrogations sur le grand emprunt. Les dossiers qui fâchent ne manquent pas et domineront les débats ce jeudi.

Mais surtout, il sera sans doute question de revenir sur le couac des tests ADN. Estimant avoir été désavoués par le refus, sans consultation du Parlement, du ministre de l'Immigration Eric Besson de valider ces tests pour les candidats au regroupement familial, les parlementaires UMP entendent réaffirmer leurs prérogatives. «Il y a une césure avec le président, explique le député du Nord Christian Vanneste. La confiance en lui ne se dément pas. Mais ce qu'il propose amène une série de doutes. Les tests ADN en sont un exemple scandaleux. Nous ne sommes pas là que pour lever la main. Il y a beaucoup d'amertume.»

«Le message a été reçu cinq sur cinq»

«Il faut que chacun comprenne que les temps ont changé, que les règles ont changé», a renchéri Jean-François Copé à destination de l'exécutif. «Que (les tests ADN) servent d'alarme», a-t-il souligné, convaincu «que le message a été reçu cinq sur cinq» et qu'un «autre ministre ou le même» ne se hasardera pas à «réitérer l'exercice».

Gérard Longuet, nouveau patron des sénateurs UMP a quant à lui plaidé pour un «travail» avec «notre interlocuteur», le gouvernement, pour «éviter» la réédition d'un «passé lointain et désormais révolu».