Martine Aubry rôde son «Tour de France du projet»

POLITIQUE La première secrétaire du PS était ce mardi à Angoulême...

Emile Josselin, envoyé spécial à Angoulème

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La Secrétaire générale du parti Socialiste, Martine Aubry discute avec des employés de l'entreprise d' insertion «Envie 16», le 22 septembre 2009 à Angoulème, dans le cadre de son «Tour de France du projet».
La Secrétaire générale du parti Socialiste, Martine Aubry discute avec des employés de l'entreprise d' insertion «Envie 16», le 22 septembre 2009 à Angoulème, dans le cadre de son «Tour de France du projet». — P. ANDRIEU / AFP

Une manifestation le matin, des visites dans une école et une réunion publique le soir. Quand Martine Aubry arrive dans une ville d’Angoulème enveloppée par un épais brouillard, elle prévient les caméras trop pressantes à son goût autour d’elle: «je ne suis pas là pour faire du cirque». C’est que le parti socialiste en a eu sa dose, notamment avec le livre Hold-ups, arnaques et trahisons, qui a remis en cause les conditions de l’élection de la maire de Lille à la tête du PS. 

 
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Sur ce sujet, elle promet des suites: «ce n’est pas terminé», lance Martine Aubry. Elle dénonce notamment des auteurs qui «n’ont pas le courage» d’accepter la confrontation publique que leur ont proposé des membres de la direction de parti. Mais quelles suites entend-elle donner? Elle en dira plus «le moment venu». Une manière de ne pas perturber la journée, qui marquait le lancement du «Tour de France du projet». D’ici Noël, la première secrétaire sillonnera le pays dans une dizaine d’étapes. L’objectif: partir à la rencontre des Français pour «préparer un projet pour 2012». Selon elle, «il ne suffira pas à la gauche d’être une bonne gestionnaire, mais de porter un projet de société».
 
Martine Aubry a une tendinite

Au fil de la journée, sans forcément avoir le temps de rencontrer beaucoup de gens, Martine Aubry décline les axes du projet dont elle entend doter le PS. A la manifestation pour la défense de La Poste, elle écoute en hochant la tête les revendications de syndicalistes et dit «sa volonté absolue de garder cet outil indispensable». Dans la manifestation, les socialistes défilent sagement en fin de cortège. A cause d’une tendinite qui l’empêche de marcher trop longtemps, Martine Aubry ne fera que quelques centaines de mètres au sein du cortège.

Après un déjeuner avec des acteurs locaux de la culture à la Cité de la bande dessinée, dans une entreprise d’insertion, elle plaide pour un accompagnement «individu par individu» des personnes en difficulté.  Parmi les salariés qui s’affairent dans l’entrepôt, Benoît Hillairet, solide gaillard portant le bouc et les cheveux longs, dit attendre de la gauche «qu’ils arrivent à s’entendre». «Je suis de gauche, c’est clair», affirme-t-il. Mais il juge la guerre des chefs «ridicule», et n’a pas voté aux européennes. Toutefois, il voit dans les primaires le moyen de «commencer à développer un dialogue.»
 
«On en a marre du bordel au PS»

C’est le soir qu’est prévu l’évènement  de la journée: une réunion avec un panel de citoyens invités spécialement pour l’interroger. La salle est bien remplie, environ 400 personnes ont pris place. Martine Aubry donne le ton: «nous les socialistes, on ne va pas parler ce soir, on va vous écouter». Et les participants jouent le jeu: «on en a un peu ras-le-bol du bordel au PS», lance une femme, chef d’entreprise, sous les applaudissements de la salle. La maire de Lille écoute sagement les revendications qui s’enchaînent. Une jeune femme chef d'entreprise aux cheveux courts et décolorés, témoigne de son expérience et se plaint notamment des «charges qu'on paye», qui ne lui laissent au final que 4.000 euros de revenus par an. Martine Aubry prend des notes.

Une méthode participative à la Ségolène Royal en 2006? Plus tôt dans la journée, elle a écarté la comparaison. «Ce n’est pas à nous de demander aux Français comment mettre l’économie devant la finance, mais de porter le débat sur les valeurs».  Et elle, au-delà du projet, envisage-t-elle sa candidature aux primaires? «Je répondrai le moment venu. Quand on passe des étapes, on loupe une marche», temporise la première secrétaire du PS.  Chaque chose en son temps.