Evacuation de la jungle: une opération de com' savamment distillée

DECRYPTAGE L'«évaporation» des trois-quarts de migrants a grandement facilité l'opération de police ce mardi...

O. A.

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Des migrants dans la «jungle» de Calais le 30 mars 2009
Des migrants dans la «jungle» de Calais le 30 mars 2009 — Reuters / Pascal Rossignol

Avant l'été, ils étaient un millier selon les associations. Ce mardi, 276 migrants ont été délogés de la «jungle» de Calais. Une «évaporation» des trois-quarts qui a grandement facilité l'opération de police. Résultat d'une communication savamment distillée. Mais aussi, selon les associations, d'un relâchement à la frontière transmanche.

En juillet, le préfet du Pas-de-Calais Pierre de Bousquet avait assuré aux associations qu'elles ne seraient pas averties du jour du démantèlement. Changement de programme à la rentrée. «On a été surpris mercredi quand le ministre a annoncé le démantèlement pour cette semaine», explique Vincent Lenoir, l'un des bénévoles de l'association Salam. Les services de l'Etat ont même rapidement laissé filtrer la date de l'intervention... «Ainsi, ceux qui voulaient quitter le camp pouvaient s'en aller», a confié Pierre de Bousquet à «20 Minutes».

Reste à savoir où il sont partis. «Vers la Belgique et les Pays-Bas», selon Eric Besson. Mais d'après les associations, une bonne partie (de 500 à 1.000 selon les sources) ont pu rejoindre l'Angleterre, à la faveur d'un «relâchement» des contrôles. «Ils nous appellent pour dire qu'ils sont contents», assure Salam. Eric Besson réfute en bloc. Côté britannique, le ministère de l'Intérieur refuse de fournir des chiffres pour 2009, mais précise que les demandes d'asile ont «nettement augmenté» ces derniers mois. «C'est la conséquence de l'amélioration de nos moyens techniques», assure le ministère.

Après

Répondant aux critiques sur l'utilité de l'opération, Eric Besson reconnaît que le démantèlement de la jungle «ne signifie pas la fin de la lutte contre les filières clandestines à Calais». Mais en poursuivant l'objectif, appliqué selon lui depuis six mois, de démantèlement d'un campement ou d'un squat par semaine autour de Calais, il espère «casser l'outil de travail de ces filières qui exploitent les migrants». En outre, le ministre a proposé lundi à Bruxelles un renforcement de la police européenne aux frontières, Frontex. «Nous avons des frontières communes, il faudrait mutualiser les moyens de contrôle.»