Evacuation de la «Jungle de Calais»: Le PS dénonce «un acte totalement inhumain», Londres se félicite

REACTIONS En trois quarts d'heure, l'endroit a été vidé de ses habitants...

C. F. avec agence

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Les logements de fortune de la «jungle de Calais» ont été détruits après l'évacuation par les forces de l'ordre mardi 22 septembre 2009.
Les logements de fortune de la «jungle de Calais» ont été détruits après l'évacuation par les forces de l'ordre mardi 22 septembre 2009. — AFP PHOTO/PHILIPPE HUGUEN

Les forces de l'ordre sont intervenues ce mardi matin pour évacuer la «jungle de Calais», comme l'avait annoncé quelques jours plus tôt le ministre de l'Immigration Eric Besson, sans donner de date précise.

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En déplacement a Angoulême, Martine Aubry a dénoncé «un acte totalement inhumain». La première secrétaire du Parti socialiste a rappelé qu'elle avait mis en place le centre de Sangatte, fermé depuis: «Ce n'est pas en supprimant un bâtiment qu'on va régler le problème» a-t-elle dénoncé, soulignant que dans la jungle «il y avait une organisation, une fraternité, certes pas digne de notre pays mais qui leur permettait d'attendre.»

«Une opération d’un populisme effrayant»

Le Parti Communiste a aussi condamné l'intervention, se disant «indigné par l'opération médiatico-policière menée par le ministre de l'Immigration».

SOS Racisme a également tenu à manifester son indignation. «Une fois de plus, le gouvernement (...) se livre à une opération d’un populisme effrayant, dont on perçoit mal la finalité, sinon de complaire à un électorat d’extrême droite et de jouer sur les peurs qu’il suscite au quotidien», dénonce l'association dans un communiqué.

Le ministre britannique de l'Intérieur s'est au contraire félicité de l'attitude «prompte et ferme» du gouvernement français. «Cette action perturbera les routes de l'immigration illégale et du trafic de personnes», a déclaré Alan Johnson dans un communiqué. «C'est un signal clair que la France honore l'accord que nous avons conclu à Evian plus tôt cette année pour mettre en place des contrôles encore plus serrés à la frontière de Calais avec le Royaume-Uni», a-t-il ajouté.

28.000 personnes interceptées

«Le Royaume-Uni est déterminé à expulser les étrangers n'ayant pas le droit d'être sur son sol», a poursuivi le ministre. «Ces changements renforceront encore plus la protection de nos frontières», a-t-il estimé, indiquant que 28.000 personnes tentant d'entrer au Royaume-Uni avaient été interceptées l'an passé et qu'un million de camions avaient été fouillés.

L'UMP s'est également félicitée de voir que le gouvernement «porte le fer contre les filières d'immigration clandestine» en s'attaquant à «la plaque tournante du trafic de réfugiés vers l'Angleterre».