«Jungle» de Calais: «Cela ne sert à rien de fermer, ils reviendront toujours»

REPORTAGE Le camp a été démantelé ce mardi...

Olivier Aballain, envoyé spécial à Calais

— 

 
  — P. ROSSIGNOL / REUTERS

Il est 7h20 dans la «jungle» de Calais. Une centaine de migrants est regroupée autour d'un feu lorsqu'arrivent les forces de l'ordre.

La vingtaine de cars de police n'a surpris personne: l'intervention avait été annoncée mercredi dernier par Eric Besson sur TF1. Rapidement, les services de l'Etat ont laissé filtrer la date du mardi suivant, ce qui a permis de laisser se vider une bonne moitié de la «jungle».

Les adultes orientés vers les centres de rétention

Ce mardi matin, les policiers sont entre 500 et 600, soit deux à trois fois le nombre de migrants (278 migrants, dont 132 se déclarant mineurs, ont été interpellés, ndlr). Police de Lille, Dunkerque, Calais, Police aux frontières (PAF), gendarmerie: chacun gère son territoire. «Je ne me rappelle plus si on est passé par là», glisse l'un d'eux entre deux cabanes de migrants.

Un officier essaie de mettre de l'ordre. «Ceux de Dunkerque, vous emmenez votre gardé à vue dans le bus. Ceux de Lille gardent leur mineur.» Placés en garde à vue, les majeurs qui n'ont pas de papiers sont orientés vers les centres de rétention, tandis que les mineurs sont dirigés vers un centre spécialisé en Moselle.

Eric Besson attendu dans la journée

L'un d'eux, Ali, 15 ans, pleure à chaudes larmes dans le giron de Sylvie, militante de l'association Salam. Sous l'oeil des policiers. «Sangatte ou la "jungle", cela ne sert à rien de fermer, ils reviendront toujours» s'emporte la protectrice.

En trois quarts d'heure, l'endroit est vidé de ses habitants. «Le fait d'avoir annoncé la date en avance a permis d'avertir chacun», explique le préfet du Pas-de-Calais, Pierre de Bousquet de Florian à 20minutes.fr. «Ceux qui sont restés voulaient être orientés», estime-t-il.

Le ministre de l'Immigration Eric Besson doit visiter la «jungle» dans la journée.