Dominique de Villepin sur le pied de guerre

Vincent Vantighem

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Dominique de Villepin avait affûté ses armes. Et il n'a pas pu s'empêcher de les dégainer avant même l'ouverture de l'audience. « Je suis là par la volonté et l'acharnement d'un homme : Nicolas Sarkozy. J'en sortirai libre et blanchi au nom du peuple français », a-t-il lâché dans la salle des pas perdus. Dans une ambiance belliqueuse, le procès Clear­stream s'est ouvert hier à Paris.

Dans la salle où fut jugée Marie-Antoinette, il n'a pas été question de guillotine, mais de croc de boucher. « Il y a cette phrase sur le croc. C'est d'une violence inouïe. Le président de la République ne peut pas nier qu'il est passionné par cette affaire », a lancé Henri Leclerc. Doyen des quatre avocats qui défendent Villepin, c'est lui qui a été envoyé en première ligne hier. Les bras moulinant l'air, il a tenté d'expliquer l'incongruité d'être à la fois président et partie civile dans une telle affaire judiciaire. Thierry Herzog n'est pas adepte de ce genre « d'envolées lyriques ». Le credo de l'avocat de Sarkozy, c'est plutôt la guerre d'usure. Pendant deux heures, il a donc décortiqué les coupures de presse et les procès-verbaux de ces trois dernières années. Avec une conclusion en forme d'estocade. « Mon client s'est constitué partie civile en 2006 quand il était encore ministre. Je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas intervenir après avoir été élu. » Dans l'immédiat, le tribunal non plus. Son président a décidé d'attendre la fin du procès pour se prononcer sur ce point permettant au conseil de Sarkozy de participer aux débats. Villepin a perdu la première bataille. Mais la guerre ne fait que commencer. W