Un drôle d'oiseau

Julien Ménielle

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« C'est quelqu'un de réservé, gentil, serviable », selon Martin Béjar, président du club de tir que Thierry J. avait l'habitude de fréquenter. A Hérépian (Hérault), où l'homme a été arrêté dimanche, on est tombé des nues en apprenant qu'il est suspecté d'être le « corbeau » qui adressait des lettres de menace à des élus depuis plusieurs mois. « On sentait bien qu'il en voulait à la terre entière », admet cependant Martin Béjar. Mais pas de quoi, selon lui, se méfier de cet homme de 51 ans, marié et père de trois enfants, passé aux aveux lors de sa garde à vue. Ses voisins tiennent à son sujet le même discours contrasté, évoquant un homme « discret », mais « bizarre » et « râleur ».

Sans emploi, Thierry J. vit depuis plus d'une quinzaine d'années dans un logement social. Dans son petit village de 1 500 habitants situé près de Béziers, personne ou presque ne semble savoir qui il est. Tout juste lui connaît-on un penchant pour les plaintes qu'il adressait aux autorités pour des histoires de voisinage ou de stationnement.

La semaine dernière, Thierry J. est interrogé et se soumet à un prélèvement d'ADN, comme tous les membres de son club de tir. Confondu par son empreinte génétique, il affirme avoir agi seul. Mais il ne livre pas tous ses secrets. « Il tirait avec une 22 long rifle semi-automatique », s'étonne Martin Béjar. Rien à voir avec les balles de 9 mm parabellum qui accompagnaient les courriers qui lui sont attribués. Des munitions qu'il n'est possible de se procurer que sur autorisation délivrée en préfecture. W