SPA: des dérives à foison épinglées par la Cour des comptes

RAPPORT La juridiction a consacré quarante-trois pages aux dysfonctionnements de l'association...

Corentin Chauvel et A. B.

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Gaspillages, amateurisme, fraudes... La Cour des comptes a consacré quarante-trois pages aux dysfonctionnements de la SPA. Extraits.

Une organisation défaillante

Le rapport met au jour une organisation chaotique. Le conseil d'administration fait l'objet de « querelles internes, souvent violentes » qui phagocytent la prise de décision. Devant tant de conflits, la présidence de la SPA n'a aucune autorité. En cinq ans, l'association a connu trois directeurs généraux : à chaque fois, leur mandat a été « brutalement interrompu ». Selon la Cour, la SPA embauche des cadres dans des conditions « très anormales », sans aucune formation ou expérience adéquates.

Gaspillages et détournements

Les ressources de la SPA ont beau être importantes, la Cour déplore un « équilibre financier fragile », qui tient notamment à de lourdes dépenses de personnel. Le rapport épingle aussi l'augmentation excessive des frais de fonctionnement. Ainsi, le coût des campagnes de collectes des dons a augmenté de 74 % entre 2003 et 2007 pour atteindre 43 % des sommes récoltées, « un niveau particulièrement élevé » qui n'a « pas inquiété » l'association. Des fraudes auraient même eu lieu. Par exemple, dans la vente de biens immobiliers légués par des donateurs, une ressource fondamentale pour l'association. « De nombreuses ventes sont intervenues au bénéfice d'un même acquéreur dans des conditions qui font suspecter un comportement préférentiel », constate le rapport. Autre exemple, la présence au conseil d'administration d'une ancienne présidente condamnée par la justice pour abus de confiance. Elle avait embauché une salariée, « officiellement pour s'occuper des animaux dans un dispensaire », alors que celle-ci faisait en réalité le ménage chez elle.

Des animaux négligés

Priorités fluctuantes, projets arrêtés, retards multiples, terrains en friches... La « mission statutaire de protection animale » de la SPA est loin d'être assurée, selon la Cour, qui critique depuis 2002 « des conditions d'hébergement des animaux mauvaises voire indignes».