La «jungle» de Calais vidée: 278 interpellations

IMMIGRATION Les forces de l'ordre sont intervenues ce mardi...

Avec agence et Olivier Aballain, envoyé spécial à Calais

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Des migrants près de la Jungle de Calais en avril 2009
Des migrants près de la Jungle de Calais en avril 2009 — Afp / Philippe Huguen
La «jungle» de Calais n'existera plus. Comme cela était attendu, c'est ce mardi qu'elle a été fermée. Sur place, 20minutes.fr a pu constater que les forces de police, placées en attente jusqu'à 7h20, ont pénétré dans ce sous-bois sablonneux, où passeurs et migrants vivent depuis la fermeture du centre de la Croix-Rouge à Sangatte, en novembre 2002. Selon le préfet du Pas-de-Calais, Pierre de Bousquet de Florian, 278 migrants ont été interpellés, dont 132 se déclarant mineurs.

Interrogé par 20minutes.fr, le préfet a estimé que le fait d'avoir annoncé la date de l'intervention a permis de rendre les choses plus faciles. «Les migrants qui sont là sont ceux qui savaient ce qu'on allait faire et étaient d'accord pour être orientés», a-t-il expliqué.

Interprètes et médecins sur place

Les migrants n'ont pas résisté aux forces de l'ordre. Un certain nombre de militants se sont en revanche opposés aux quelque 500 à 600 policiers déployés en tentant de faire bouclier entre eux et les migrants. Mais en trois quarts d'heure, l'endroit est vidé de ses habitants.

Dans un communiqué, la préfecture du Pas-de-Calais avait annoncé cette intervention, précisant que les forces de l'ordre devaient être accompagnées de trente interprètes parlant «les principaux dialectes pratiqués, le farsi et le pachtoun»; ainsi qu'une équipe médicale «comportant un médecin, un ambulancier et un infirmier» et une équipe de pompiers, «comportant un binôme de secours à la personne et un véhicule d’assistance aux victimes». «80 places d’hébergement spécialisé pour mineurs étrangers isolés, et 120 places d’hébergement pour adultes» ont par ailleurs été réservées, a indiqué la préfecture.

Selon nos informations, Eric Besson, le ministre de l'Immigration, doit donner un point presse à 11 heures à la sous-préfecture de Calais. Ce dernier a annoncé dès la semaine dernière que la fermeture aurait lieu «avant la fin» de cette semaine. Il a indiqué que le démantèlement permettrait de «casser le principal outil de travail des filières clandestines dans la région». En avril dernier, Besson avait aussi annoncé de nouveaux investissements pour sécuriser le tunnel sous la Manche. Un système de contrôles de poids lourds, cinq machines à rayon X dont une à Boulogne-sur-Mer et une demie-compagnie de CRS supplémentaire.

Presque plus de journalistes que de migrants

Sur RTL, le ministre a de nouveau expliqué que la «jungle» était «le camp de base des passeurs. Ce n'est pas un camp humanitaire». «La loi de la jungle ne peut pas durer éternellement sur notre territoire», a-t-il estimé.

Sur un maximum de 800 migrants - essentiellement afghans - qu'abritait ce lieu en juin, il n'y en avait plus mardi matin qu'une centaine, selon les journalistes sur place. Ironie du sort: des journalistes qui sont finalement plus nombreux que les migrants, ce mardi matin.

Ce mouvement de retraite provoqué par les perspectives imminentes d'évacuation, ne s'est toutefois pas traduit, selon les associations, par un gonflement des autres squatts de migrants de Calais. Les partants se seraient donc dirigés vers des zones plus éloignées.

Voir la vidéo de l'évacuation faite par la chaîne AlJazeera (en anglais):



>> A venir: notre analyse pour comprendre comment Eric Besson a vidé la «jungle»