Le procès Clearstream pour les nuls

JUSTICE Pour tout comprendre alors que le procès s’ouvre ce lundi

Vincent Vantighem

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Le parquet de Paris a requis mardi un supplément d'information sur l'implication présumée de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, mis en examen notamment pour complicité de dénonciation calomnieuse dans l'affaire Clearstream, a-t-on appris de source judiciaire.
Le parquet de Paris a requis mardi un supplément d'information sur l'implication présumée de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, mis en examen notamment pour complicité de dénonciation calomnieuse dans l'affaire Clearstream, a-t-on appris de source judiciaire. — Bertrand Guay AFP/Archives

Le casting est impressionnant. Le scénario haletant. Les moyens colossaux. Sauf que ce n'est pas une fiction. Le procès Clearstream s'ouvre, ce lundi après-midi, devant le tribunal de grande instance de Paris. Il doit durer un mois.
 
L'élément déclencheur
Tout débute en 2001 quand un stagiaire, auditeur dans la banque luxembourgeoise Clearstream, décide de balancer une liste de fichiers bancaires au journaliste Denis Robert. Dans son email, il prétend pouvoir démontrer l'existence de comptes occultes. Il ne se doute pas alors que ses fichiers seront trafiqués.
 
Le scénario
Car toute l'histoire de Clearstream tient en une simple manipulation. Le but : ajouter le nom de personnalités sur les vrais fichiers bancaires afin de faire croire qu'elles possèdent des comptes occultes à l'étranger. Pour cela, un corbeau se charge d'envoyer anonymement les fichiers truqués à un juge d'instruction. C'est donc au titre de la «dénonciation calomnieuse» que les principaux protagonistes de cette affaire sont attendus à la barre.
 
Les acteurs
En dehors des cinq prévenus accusés de cette manoeuvre, l'affaire Clearstream concerne aussi dix-huit témoins et quarante parties civiles dont les noms ont été ajoutés aux fichiers. Outre Nicolas Sarkozy, on trouve Charles Pasqua, Brice Hortefeux, Alain Minc ou encore Edwy Plenel. Egalement présentes sur le listing bidonné, des personnalités plus improbables, comme Laetitia Casta ou Alizée, ont renoncé à se porter partie civile.
 
Les enjeux
Le tribunal dispose d'un mois pour démêler le vrai du faux dans les quarante tomes de procédure judiciaire. Se posant en victime, Nicolas Sarkozy attend que les coupables soient «pendus à un croc de boucher». Dans le box des accusés, Dominique de Villepin tentera, lui, de démontrer qu'il n'a rien à voir dans cette histoire. Condition sine qua non pour réussir son come-back en politique.