Une adresse mail pour dénoncer ses voisins: une «fausse bonne idée» pour le syndicat Alliance

POLICE C’est le dispositif mis en place dans l’Essonne...

Emma Defaud

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Dans un bureau qui sent encore la peinture fraîche, les cyberdouaniers repèrent depuis leurs écrans d'ordinateurs les trafics de contrefaçons, de drogue et de tabac qui prolifèrent sur internet pour tenter d'y mettre fin au terme de longues enquêtes.
Dans un bureau qui sent encore la peinture fraîche, les cyberdouaniers repèrent depuis leurs écrans d'ordinateurs les trafics de contrefaçons, de drogue et de tabac qui prolifèrent sur internet pour tenter d'y mettre fin au terme de longues enquêtes. — Nigel Treblin AFP/DDP/Archives

«Aidez la police nationale dans son action au service des citoyens. Confidentialité garantie» C’est avec ce slogan que la police de l’Essonne propose de «transmettre ses renseignements à police-ddsp91@interieur.gouv.fr» De quoi susciter la polémique: outil de délation ou nécessité de «vivre avec son temps», comme s’en défend Jean-Claude Borel-Garin, directeur départemental de la sécurité publique, à l’origine du dispositif?

«La police agit dans un cadre légal, nous faisons des enquêtes... Pourquoi la police ne pourrait pas recevoir des informations par mail alors que tout le monde en reçoit... Est-ce qu’on aurait dit qu’il ne faut pas que la police utilise le téléphone parce qu’il va y avoir de la délation ?», répond-il sur France Info.

Pas anonyme

La police précise que, contrairement aux lettres, les mails ne sont pas anonymes. Et ont l’avantage de pouvoir contenir d’autres renseignements comme des photos et des vidéos. De quoi obtenir des renseignements sur les faits de petite délinquance. On envisage même dans certains quartiers des distributions de tracts directement dans les boîtes aux lettres pour informer les habitants de l’existence de ce dispositif.

A terme, une dizaine de plaintes par jour sont attendues.

Précédent

En poste dans l'Isère jusqu'au début de l'année, Jean-Claude Borel-Garin avait déjà mis en place ce dispositif. Joint par la rédaction, la direction départementale de la sécurité publique a déclaré qu'elle «ne communiquait là-dessus».

«Vichy»

Côté police, tout le monde n’est pas aussi enthousiaste. «C'est une fausse bonne idée», a déclaré à l'AFP le secrétaire général du syndicat Alliance, Jean-Claude Delage, et «je condamne cette initiative locale» qui est de la «poudre aux yeux».

«C'est une police d'une autre époque et je ne vois pas comment nos collègues pourront faire et trier les bonnes ou mauvaises informations ainsi recueillies», a-t-il fait valoir en mettent en exergue les «difficultés» actuelles dans les effectifs de la police.

Sur France Info, le syndicat avait déclaré craindre de «donner l’impression de réinstaller la police de Vichy».
 

Et vous, que pensez-vous de ce dispositif?