Universités: les grèves du printemps n'ont pas tant refroidi les étudiants

EDUCATION La fac n'est pas si boudée...

Laure de Charette

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Un amphitéâtre
Un amphitéâtre — Pierre Andrieu AFP/Archives

C'est la surprise de la rentrée. Alors que le mouvement des enseignants-chercheurs, qui a perturbé au printemps une université sur deux, pouvait présager d'une désaffection des étudiants pour la fac, le nombre d'étudiants attendus en cette rentrée est quasi stable. Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur, a donné ce jeudi les prévisions d'effectifs (sur la base des voeux d'orientation émis par les étudiants sur Internet) : 2.230.000 étudiants sont attendus, soit une baisse de 1,1% par rapport à l'an dernier. La désertion tant redoutée est donc tout à fait limitée, quand on sait que ces cinq dernières années, la fac a perdu 10% de ses aficionados.

«Le mouvement de protestation n'a pas eu d'impact»

«J'en déduis que le mouvement de protestation n'a pas eu d'impact sur l'université dans son ensemble», a concédé la ministre. Le gouvernement avait pourtant laissé entendre que la Sorbonne (Paris IV) serait délaissée par 25% de ses ouailles, et que Paris-VII ou Vincennes-Saint-Denis pourraient en perdre jusqu'à 50%. Reste à savoir si les établissement les plus en pointe de la contestation - Toulouse le Mirail, Rennes 2, Montpellier 3 ou encore Lyon 2- seront tout de même boudés. Les chiffres locaux seront connus à l'automne.

Parallèlement, les filières dites sélectives - prépas (+2,5%) et IUT (+1%) - continuent d'attirer de plus en plus de jeunes, séduits par la perspective d'un très bon encadrement. En presque dix ans, les effectifs sont passés de 70.000 à 80.000 élèves. Du coup, certaines universités tentent un rapprochement avec les prépas. Cinq classes expérimentales, mutualisées avec une fac de la région, ouvrent en cette rentrée. Ainsi, à Argenteuil, les élèves de la prépa physique chimie du lycée Jean-Jaurès auront cours trois jours par semaine in situ et deux jours à l'université de Cergy-Pontoise, avec une équipe d'enseignants mixte. La rencontre de deux mondes, enfin.

Budget

La ministre a rappelé que la dépense moyenne par étudiant est passée de 7.210 euros en 2006 à 9.132 euors en 2009. Les principales organisations étudiantes, Unef et Fage, jugent néanmoins que les conditions de vie des étudiants se dégradent.