Les usagers devront aligner pour le ticket

Mickaël Bosredon

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Un euro le trajet. Hier se déroulait la Journée du transport à 1 euros dans plusieurs réseaux de transport urbain. Les grosses agglomérations, comme Lyon, Nantes, Bordeaux et Paris, n'y ont pas participé. « Tout le monde sait qu'il faudra faire payer davantage l'usager, comment faire passer cette idée avec des opérations pareilles ? », lance un spécialiste des transports, qui préfère garder l'anonymat.

Le prix du ticket devrait en effet flamber ces prochaines années. « Les entreprises financent déjà 50 % des transports urbains, on ne peut pas les taxer davantage », relève Julien Allaire, responsable du pôle économique du Gart (Groupement des autorités responsables de transport). Et pourtant il faut de nouvelles ressources afin de développer le réseau de transport urbain, et répondre aux objectifs du Grenelle de l'environnement. » Jean Sivardière, président de la Fédération des usagers des transports, relève, lui, que « les collectivités subissent une augmentation de leurs dépenses sociales, et une baisse de leurs recettes fiscales en raison de la crise. Fatalement, le financement des transports devient difficile. »

Pour le professeur à l'Institut d'urbanisme de Paris Rémy Prud'homme, il sera délicat de « convaincre l'usager d'abandonner la voiture au profit des transports en commun si vous le faites payer davantage ». Le Gart pense que « l'enjeu n'est pas forcément le prix, mais la qualité de service ». « Nous pouvons capter une clientèle prête à payer davantage, si elle est sûre d'avoir un bus à l'heure et de la place assise, estime Julien Allaire. Mais il faut parallèlement maintenir des mesures tarifaires pour les plus défavorisés. » La dizaine de collectivités à s'être aventurées dans la gratuité des transports (Châteauroux, Aubagne...) « pourraient se heurter à l'impossibilité d'améliorer leur offre, faute de ressources », craint Jean Sivardière.

Le Gart attend néanmoins du Grenelle II, en discussion au Sénat, qu'il déniche de nouvelles ressources. « Il devrait adopter la taxation des plus-values immobilières pour les constructions proches des transports. Mais on ne sait pas combien cela rapportera. Il est surtout regrettable que l'Etat refuse de transférer la gestion des amendes de stationnement aux collectivités, car cela leur permettrait de mettre en place de vrais politiques de mobilité. » Et de relever le montant de l'amende, bloquée à 11 euros depuis des années, pour financer leurs projets. W