Les vrais chiffres des évasions

EXCLUSIF 20 Minutes a trouvé le nombre réel de fugitifs...

Vincent Vantighem
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Les deux hommes évadés dimanche de la maison centrale de Moulins-Yzeure (Allier) étaient toujours recherchés lundi vers midi après avoir été repérés dans le nord de la France, où ils ont notamment pris en otages quelques heures près d'Amiens un automobiliste et son fils.
Les deux hommes évadés dimanche de la maison centrale de Moulins-Yzeure (Allier) étaient toujours recherchés lundi vers midi après avoir été repérés dans le nord de la France, où ils ont notamment pris en otages quelques heures près d'Amiens un automobiliste et son fils. — Thierry Zoccolan AFP

Ce n'est que la face émergée de l'iceberg. Dans son bilan annuel, l'administration pénitentiaire assure qu'il n'y a eu que cinq évasions l'an dernier. En réalité, il y en a eu 50 fois plus. Selon nos informations, la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF) a été saisie à 274 reprises en 2008 (0,004% des détenus).

Huit mois pour retrouver un fugitif


La différence de calcul est simple. L'administration pénitentiaire ne prend en compte que les évasions «violentes» ou par «ruse». Style Antonio Ferrara ou Jean-Pierre Treiber. Comme son nom l'indique, la BNRF est, elle, chargée d'interpeller tous les hommes en fuite. Cela peut-être un détenu en semi-liberté qui «oublie» de rentrer à la prison le soir ou un autre qui s'évade lors de son transfert à l'hôpital.

>> A lire aussi: le minute par minute de la chasse à l'homme autour de Jean-Pierre Treiber, jeudi


«On mobilise moins de moyens humains pour le retrouver, confie une source policière. Mais pour nous, c'est exactement le même boulot que lorsqu'on court après Ferrara.»

En 2008, la BNRF a interpellé 220 des 274 fugitifs français. Il faut dire qu’en moyenne, elle met huit mois à retrouver un détenu qui a joué les filles de l'air.