Un jour et demi après son évasion, Jean-Pierre Treiber court toujours

PRISON Les recherches pour retrouver le suspect numéro 1 dans l'affaire Giraud-Lherbier se poursuivent...

20minutes.fr

— 

Un gendarme consulte une carte fixée sur une voiture de gendarmerie stationnée en bordure de la forêt de Othe, le 9 septembre 2009 près de la commune de Joigny où se déroulent les recherches pour retrouver Jean-Pierre Treiber.
Un gendarme consulte une carte fixée sur une voiture de gendarmerie stationnée en bordure de la forêt de Othe, le 9 septembre 2009 près de la commune de Joigny où se déroulent les recherches pour retrouver Jean-Pierre Treiber. — AFP PHOTO/PHILIPPE MERLE

La traque de Jean-Pierre Treiber continuait ce mercredi soir. Le suspect numéro 1 dans l'affaire du double meurtre en 2004 de Géraldine Giraud et de son amie Katia Lherbier s'est évadé en catimini mardi matin de la prison d'Auxerre. Pour se faire la belle, le fugitif aurait lui-même fabriqué un carton dans lequel il se serait glissé.

>> Pour retrouver le déroulé de la journée minute par minute, cliquez ici

Bien qu’évadé vers 10h30, mardi matin, les autorités pénitentiaires n’ont pas immédiatement réagi et l'alerte n'a été donnée que mardi soir, après l'appel des détenus. Selon Thomas Jacquot, secrétaire régional adjoint de l’Union fédérale autonome pénitentiaire (Ufap), joint par 20minutes.fr, Jean-Pierre Treiber «a bien préparé son évasion» et a su profiter de défauts de sécurité dénoncés de longue date par les surveillants de la maison d'arrêt d'Auxerre.
 
Il a notamment choisi le jour de la commission d’applications des peines et le flottement qui l’accompagne pour s’évader. Selon le syndicaliste, la nomination de Treiber comme contremaître des ateliers lui a par ailleurs assuré un accès aux camions et laissé «tout le loisir de se confectionner un carton».
 
>> Retrouvez notre article pour comprendre comment le suspect a profité des failles de sécurité en cliquant ici
 
Caché, il aurait ainsi pris place à bord d'un camion en direction de la ville de Bonnard, dans l’Yonne. Selon le colonel Jean-Marc Detré, chargé des recherches, Treiber serait sorti de sa cachette une fois arrivé à l'entrepôt, qu'il aurait quitté mardi «entre 16h et 18h». Les enquêteurs découvriront le fameux carton entouré d'un film plastique, ce qui laisse penser qu'il aurait eu un complice. Son co-détenu a été placé en garde à vue.
 
Une fois l'évasion découverte, le plan Milan a été déclenché pour retrouver le détenu qui devait comparaître au printemps 2010 devant la cour d’assises de l’Yonne. C’est dans la forêt d'Othe que les recherches se sont concentrées. Cette zone forestière est bien connue de Jean-Pierre Treiber, un ancien garde forestier. Selon le procureur de la République, François Pérain, «c'est la principale idée pour le retrouver, mais on n'écarte pas l'hypothèse qu'il ait déjà quitté le département de l'Yonne».
 
Joint par la rédaction de 20 Minutes, l'avocat de Jean-Pierre Treiber, Eric Dupont-Moretti, a déclaré: «Son geste est ininterprétable, il ne signe pas plus son innocence que sa culpabilité. Je n’avais pas senti de changement chez lui, si ça se trouve c’est quand il a vu le carton qu’il a décidé de s’évader. Personne ne peut dire aujourd’hui ce qu'il s’est passé dans sa tête. Bien sûr la détention (provisoire, ndlr) lui pesait. Comme à toute personne qui passe 4 ans et demi en prison en clamant son innocence.»
 
>> Notre chronologie animée de l'affaire Giraud-Lherbier, c'est là