Un salarié de France Telecom s'est poignardé en pleine réunion

SOCIETE Les syndicats de l'entreprise ont appelé à une journée nationale de mobilisation jeudi...

O.R. et E. L. avec agence

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Environ 110.000 abonnés du Lot-et-Garonne ont été victimes samedi pendant plusieurs heures de "dégradations de fonctionnement" de leur ligne téléphonique fixe et de leur ligne internet en raison d'un dégât des eaux dans un central téléphonique urbain d'Agen, a annoncé la préfecture.
Environ 110.000 abonnés du Lot-et-Garonne ont été victimes samedi pendant plusieurs heures de "dégradations de fonctionnement" de leur ligne téléphonique fixe et de leur ligne internet en raison d'un dégât des eaux dans un central téléphonique urbain d'Agen, a annoncé la préfecture. — Jean Ayissi AFP/Archives

Selon une information révélée par le site Internet de la radio RTL, un salarié de France Telecom s'est poignardé ce mercredi devant une quinzaine de ses collègues, lors d'une réunion au centre de Pont-Sainte-Marie près de Troyes. Lionel, âgé d'une cinquantaine d'année est technicien dans le centre d'intervention de Troyes. Ses jours «ne semblent pas en danger, il est hospitalisé et conscient», a indiqué la direction de France Télécom à Paris.

Vers 8h30, son supérieur hiérarchique lui confirme que son poste est supprimé et qu'il est muté. Il aurait alors tenté de se suicider. Selon un syndicaliste Sud-PTT, «les postes disponibles étaient à une centaine de kilomètres».

«Même ville, même métier, même site»

France Telecom, pour sa part, réfute cette affirmation. Joint par 20minutes.fr, le porte-parole de l'entreprise explique qu'une «mutation était effectivement prévue, mais du secteur des entreprises vers le secteur du grand public. Concrètement il change de secteur, mais reste dans la même ville, avec le même métier, sur le même site».

«Ce collègue avait un travail valorisant. Il faisait de la maintenance chez des clients professionnels. Il a appris qu'il ferait désormais des dérangements chez les abonnés grand public», a indiqué pour sa part Régis Pigre, délégué SUD sur le site de Troyes. «Il a démarré en bas et a travaillé pour monter. Du jour au lendemain, on lui dit que maintenant il fera un travail moins intéressant», a-t-il poursuivi. «Il semblerait qu'il ait craqué ce matin au cours d'un briefing d'équipe où les noms des personnes mutées étaient donnés officiellement. Il s'est planté un couteau dans l'abdomen», a-t-il témoigné.

Les salariés du site de Troyes seront en piquet de grève jeudi matin, a indiqué Régis Pigre. Selon lui, quatre personnes sont concernées par des mutations forcées sur la centaine de salariés du site.

Un groupe en pleine restructuration

Depuis la mi-juillet, six autres salariés de l'entreprise se sont suicidés. Fin août, un salarié France Télécom à Lannion (Côtes d'Armor) a mis fin à ses jours. Un décès que la CFDT avait mis en «lien direct» avec les méthodes de management en dénonçant le 22e suicide dans le groupe depuis février 2008.

En août, des salariés de France Telecom avaient écrit à leur PDG, lui demandant de réagir à une vague de suicides dans l'entreprise. Jeudi, les syndicats de l'entreprise ont d'ailleurs appelé à une journée nationale de mobilisation pour dénoncer les méthodes de management d'un groupe en pleine restructuration, confronté à la perte de son monopole et aux bouleversements technologiques.

«Pré-retraites à partir de 57 ans»

Le jour même se tient à Paris un Comité national santé hygiène, sécurité et conditions de travail qui doit essayer de trouver des solutions.

La CFE-CGC, qui a lancé, avec Sud un «observatoire du stress et des mobilités forcées» à France Télécom, a estimé ce mercredi soir, que pour «enrayer cette série de drames», il faut que la direction accepte de mettre en place «des pré-retraites à partir de 57 ans entre 2010 et 2012», sous forme de départs volontaires. Selon le syndicat, il faudrait également arrêter «les obligations de mobilité géographique ou professionnelle (changement de métiers) à partir de 50 ans».