Trois institutrices retenues en otages par des parents d'élèves, dans l'Ariège.
Trois institutrices retenues en otages par des parents d'élèves, dans l'Ariège. — IDE

ARIEGE

Trois institutrices retenues en otages par des parents d'élèves

Ils protestent contre la fermeture d'une classe...

Ils emploient la manière forte. Des parents d'élèves retiennent, depuis mardi soir, dans le calme trois institutrices d'une école primaire de Laroque d'Olmes, dans l'Ariège, pour protester contre la fermeture d'une classe. «Nous avons pris possession de l'école et nous retenons les trois enseignantes de l'école, dont la directrice. Nous exigeons le maintien de la classe, au moins jusqu'à la fin de l'année, qu'ils les laissent terminer l'année», a déclaré la mère d'une élève de l'école Elisée Maury.

«Tout se passe bien. Nous avons dormi dans l'école et ce matin d'autres parents sont arrivés avec les croissants et le café», a expliqué Francis Fourtalin, adjoint au maire, à 20minutes.fr. «Nous attendons un geste de l'inspection académique. On ne peut pas engager un jeune institutteur et 3 jours plus tard lui dire que tout compte fait on ferme la classe», a-t-il conclu.

Soixante-dix parents mobilisés

«Nous avons appris que l'Education nationale avait décidé de supprimer le poste d'une institutrice, disant qu'il n'y avait pas assez d'enfants, il y en a 47 élèves pour trois classes de CM1, CM2 et une classe CM1/CM2 et ils ont décidé d'en supprimer une», a-t-elle ajouté. Elle a assuré que les trois institutrices retenues contre leur gré seraient bien traitées. «Ca se passe dans le calme», a-t-elle insisté.

A la sortie de l'école mardi, 70 parents ont bloqué l'école. L'inspecteur d'académie de Foix a proposé de venir discuter avec eux s'ils levaient le blocage, mais ils ont refusé et affiché leur détermination en établissant un planning de roulement pour occuper l'école tant qu'ils n'auront pas eu gain de cause.

Le soutien d'un élu

Jean-Charles Sutra, conseiller municipal de Laroque d'Olmes et responsable de la commission scolaire, s'est joint au mouvement de protestation. «Nous sommes dans une région textile sinistrée, avec de nombreux licenciements, les gens partent pour aller chercher du travail ailleurs, nous venons de perdre trois élèves et nous sommes passés en dessous du seuil de 49 élèves, nombre nécessaire pour maintenir les 3 classes», a-t-il déclaré. «L'Etat se désengage complètement et nous laisse dans la ruine, la gendarmerie est menacée, la trésorerie a fermé», regrette l'élu. Un conseil municipal devait se tenir symboliquement, mercredi, dans la cour de l'école.

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