Le parti à la peine sans son président

Vincent Vantighem

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Marine Le Pen pourrait succéder à son père.
Marine Le Pen pourrait succéder à son père. — P. SAUTIER / SIPA

Il a présidé la réunion de son parti comme si de rien n'était. Le matin même, Jean-Marie Le Pen avait pour­tant confirmé son intention de prendre sa retraite après les régionales de 2010, où il sera candidat en Paca. « Je pense raisonnable de passer la main aux jeunes en 2010 ou 2011, a-t-il déclaré hier sur France 2. Je ne suis pas éternel et je le regrette. » Il n'est pas le seul. « C'est un monstre sacré, une mémoire de la République », a réagi Bruno Gollnisch. Histoire, pour cet éternel dauphin, de se mettre un peu de pression.

Car en 2011, c'est lui qui disputera la tête du parti à Marine Le Pen. « Elle a le plus de capacités pour y parvenir, juge Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite. Mais la retraite du président va poser des problèmes dans un parti aussi centralisé. » Le parti, qui peine à dépasser les 10 % à une élection depuis 2002, doit aussi faire face à une sérieuse crise financière. « Je pense qu'on peut s'en sortir, nous a confié Marine Le Pen. Il ne faudra pas se rater aux régionales. Ensuite, il sera largement temps de parler de la succession avec les militants. » Bruno Gollnisch est presque sur la même ligne. « Nous ne sommes pas encore en joute interne. Mais c'est vrai que je m'interroge déjà sur l'audience médiatique dont bénéficie Marine... » W