Pour Charal, les animaux ne souffrent pas

POLEMIQUE Alors qu'une association dénonce les méthodes d'abattage du groupe, celui-ci affirme que les animaux ne sont plus conscients au moment de la mise à mort...

Oriane Raffin

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  — A. WIEGMANN / REUTERS
Mise en ligne par l'association L214, une vidéo montrant des mises à mort de bovins dans l'abattoir de Charal, à Metz, fait polémique sur Internet. L'association accuse Charal de ne pas respecter les conditions légales d'abattage, maltraitant les animaux, qui, encore conscients, souffriraient.

Arnaud Dupuy, porte-parole de Charal, joint par 20minutes.fr, s'en défend: «Les contrôleurs de l'Etat sont en permanence chez nous, pour contrôler le respect de la législation. Dans les derniers rapports, notre abattoir de Metz est considéré comme celui qui répond le mieux aux normes dans le Grand-Est. Sur les 275 abattoirs de France, seuls 8 sont classés en catégorie 1, la meilleure, dont celui de Metz». Petit bémol: l'association OABA (Oeuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs) estime que ces normes «touchent principalement aux questions sanitaires». La souffrance de l'animal n'est donc pas prise en compte dans le classement.

En outre, les vétérinaires vantés par Charal (les contrôleurs de l’Etat cités ci-dessus) ne sont pas toujours présents au niveau de l'étourdissement et de l'abattage. «Dans un autre abattoir que nous avons visité en septembre 2008, raconte Frédéric Freund, directeur de l'OABA, le vétérinaire ne voulait pas venir avec nous à l'abattage. On a compris pourquoi après, quand, durant l'abattage rituel et le saignement, il s'est mis à vomir...»

«C'est monstrueux, c'est horrible»

Dans le cas de Charal, l'industriel a demandé le retrait de la vidéo de tous les sites Web. «Nous ne souhaitons pas que cette vidéo circule, notamment pour les enfants. Même si l'abattage est réalisé dans le respect de la légalité, ce ne se sont jamais des images faciles. C'est monstrueux, c'est horrible si c'est montré comme ça, si on n'est pas habitué ou préparé.», note Arnaud Dupuy.

Pourtant, affirme le porte-parole de la marque, les animaux ne souffriraient pas, car ils ne sont «plus conscients». «On les pique avec un pistolet à pneumatique, qui plante une aiguille dans le système nerveux. Avec une tige en fer dans le système nerveux, l'animal ne peut pas reprendre conscience. Il est en état de mort cérébrale.»

«Le pistolet à tige perforante assure une perte très rapide et soutenue de la conscience»

Concrètement, explique Frédéric Freund, directeur de l'OABA, l'animal est étourdi avec un «matador ». Il s'agit d'une tige en métal violemment propulsée dans le cerveau de l'animal. Selon un rapport des services européens, «appliqué sur le front avec la cartouche appropriée, le pistolet à tige perforante assure une perte très rapide et soutenue (jusqu'à 10 minutes) de la conscience chez 100% des bovins adultes et veaux».

Cela nuancerait donc les propos de l'association L214, qui affirme que Charal attend trop longtemps avant la mise à mort. Néanmoins, «il faut que le matériel soit efficace et que l'impact soit bien positionné, souligne Frédéric Freund, si la tige ne pénètre pas suffisamment loin, l'animal ne sera pas étourdi, ou pas assez longtemps.»

L'association OABA, qui n'a jamais contrôlé l'abattoir de Charal de Metz, compte lui rendre une petite visite afin de constater sur place d'éventuels problèmes.