Oléoduc rompu dans la Crau: la nappe phréatique a bien été touchée

ENVIRONNEMENT La Société du pipeline sud-européen l'a reconnu lundi...

Avec agence

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Une fuite de 4.000 m3 de pétrole brut s'est échappée d'un oléoduc, le 7 août 2009 à Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône).
Une fuite de 4.000 m3 de pétrole brut s'est échappée d'un oléoduc, le 7 août 2009 à Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône). — SAPEURS POMPIERS 13/AFP

La nappe phréatique de la réserve naturelle nationale de la Crau a bien été touchée par la rupture d'un oléoduc le 7 août dernier. La Société du pipeline sud-européen (SPSE) l'a reconnu lundi.

«Des signatures (traces) en hydrocarbures sur certains des piézomètres (instruments de mesure installés autour de la zone polluée, ndlr) ont pu être relevées», a indiqué dans un communiqué la société qui appartient à plusieurs groupes pétroliers dont le français Total.

Impacts éventuels sur la faune et la flore

«Une campagne de prélèvements et d'analyses faite sur les puits et captage d'eau potable à proximité ne révèle aucun signe de pollution», a ajouté la SPSE qui compte déterminer la part de pollution de la nappe qui lui est «imputable» et pourrait mettre en oeuvre un protocole de traitement de la nappe «en cas de pollution avérée».

Des analyses doivent également mesurer les impacts éventuels sur la faune et la flore.

Ces annonces interviennent alors que des associations de défense de l'environnement ont accusé lundi la société de procéder à «une dépollution qui accentue le désastre écologique» causé par la rupture de l'oléoduc.

Selon une première estimation effectuée en août, les travaux de dépollution consistent à retirer 36.000 tonnes de terre sur cinq hectares touchés, avec une rotation d'environ 1.500 camions.

«Les engins roulent et écrasent végétaux et animaux»

Ces associations «redoutent que la priorité pour la SPSE soit juste de remettre le pipeline en état de marche au plus vite», selon un communiqué signé notamment par France nature environnement (FNE), l'Union régionale du Sud-Est pour la sauvegarde de la vie, de la nature et de l'environnement (URVN) et la Ligue pour la protection des Oiseaux (LPO).

Selon elles, «la circulation se fait de manière désordonnée» sur le chantier et «les engins roulent et écrasent végétaux et animaux sur plus de 13 hectares de milieu naturel protégé» alors qu'«aucune voie d'accès n'a été définie en accord avec la réserve naturelle».

La SPSE a répondu à ces accusations dans son communiqué tout en reconnaissant quelques dérapages par rapport au protocole de dépollution retenu: il a fallu agir, selon elle, «dans une grande urgence» pour éviter une extension de la pollution par pénétration dans le sol et via des épisodes pluvieux. La société assure avoir mis en place «le maximum de mesures de protection et aujourd'hui il y a un plan de circulation très strict, avec une seule voie de passage», a expliqué une porte-parole.