Entre Fillon et Sarkozy, tout va bien

POLITIQUE Lors de son discours à Seignosse, le Premier ministre a assuré que le montant de la taxe carbone n'était pas un indicateur de ses relations avec le Président...

Elodie Lestrade, à Seignosse

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  — P. ANDRIEU / AFP

C’est dans une salle archicomble que le Premier ministre s’est exprimé ce dimanche. Debout sur leurs chaises et sur les tables, les Jeunes Populaires lui réservent un accueil de star. «C’est le Premier ministre, c’est important pour nous qu’il ait fait le déplacement», témoigne une militante qui a fait le déplacement tout spécialement.

La majorité derrière Fillon


En réalité, les militants veulent surtout montrer qu’ils soutiennent le Premier ministre. En introduction, Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, déclare: «nous sommes engagés à tes côtés dans les combats que tu vas mener dans les semaines et les mois à venir»..

De sa part, pas un mot pourtant sur l’apparent désaveu présidentiel qu’a subi le Premier ministre cette semaine. Alors que François Fillon avait annoncé mercredi que le montant de la taxe carbone serait de 14 euros par tonne de CO2, Cécile Duflot assure, dès le lendemain que le Président lui a déclaré que le montant de cette fiscalité écologique n’était pas encore fixé.

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Cette fois, il n’annonce pas de chiffres


Le sujet a fait l’actualité du campus de Seignosse. Les membres du gouvernement n’ont cessé de répéter que la majorité était d’accord sur le principe de la taxe et qu’il fallait maintenant attendre les arbitrages du Président. Mais le Premier ministre sait se défendre lui-même. Il faut attendre la moitié de son discours pour l’entendre se prononcer, pour la première fois, sur cet épisode.

Assurant que la taxe carbone sera «équitable», il déclare: «si on veut inciter les Français à changer de comportement (…), je ne vois pas comment on pourrait s’écarter au démarrage du prix de la tonne de CO2 sur le marché.» Une manière de ne pas revenir totalement sur ses propos, sans toutefois donner de chiffres précis. D’ailleurs, ajoute-t-il «nous annoncerons les modalités précises la semaine prochaine».

Au passage, Xavier Bertrand tacle la gauche

Concernant ses relations avec Nicolas Sarkozy, qui ont fait l’objet de toutes les attentions cette semaine, il n’épilogue pas sur le sujet. «Ceux qui confondent le prix de la tonne de carbone avec un baromètre des relations entre le Président et le Premier ministre en seront pour leurs frais», déclare-t-il, déclenchant les applaudissements des jeunes militants.

De leur côté, les membres de la majorité aussi souhaitent passer à autre chose. Dressant le bilan de ce campus, Xavier Bertrand ne revient que rapidement sur le sujet, assurant: «Nous avons pris le dossier à bras le corps». Il préfère souligner le «succès» du campus de Seignosse, taclant au passage le Parti socialiste. «Les socialistes parlent aux seuls socialistes, avec les mots du XIXe siècle. Notre mouvement veut s’adresser à tous les citoyens».

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