Quelques raisons de tousser

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Tout le monde ne peut pas s'offrir un plan de prévention contre la grippe A. Mettre en place un dispositif compte en effet très cher. « Nos dépenses sur ce dossier pourraient s'élever à 800 000 euros si l'on prend en compte le coût de l'absentéisme et les frais engagés, estime Héléna Louçano-Jeugnet, directrice des ressources humaines d'Acticall, groupe de 3 300 salariés. Car nous avons acheté plus de 300 000 masques, sans compter les lingettes nettoyantes, les nouveaux ordinateurs portables... Les contrats de nettoyage de nos onze sites ont été aussi revus à la hausse. » Conséquence, la majorité des petites sociétés n'ont pas les moyens de se protéger contre le risque d'épidémie et risquent fort de tourner au ralenti lorsqu'elle s'amplifiera.

Autre problème : la pandémie pourrait durer de huit à douze semaines et toutes les entreprises ne pourront pas maintenir leurs mesures d'hygiène et de sécurité aussi longtemps. Certaines craignent aussi que leurs réseaux informatiques, qui seront fortement sollicités pendant la pandémie (télétravail...), ne puissent pas tenir sur la durée. Quant à celles qui n'ont pas encore commandé leurs masques et solutions hydro-alcooliques, elles risquent fort d'être prises au dépourvu, les délais de livraison dépassant désormais un mois.

Parallèlement, les entreprises très féminisées risquent fort d'être plus touchées par l'absentéisme que les autres, car les femmes seront probablement en première ligne pour garder leurs enfants si les écoles ferment. Enfin, certains patrons craignent déjà des contentieux avec leurs salariés. « Leur imposer de changer leurs habitudes ne sera pas évident, prévoit Didier Plas, PDG de Genitech. Comment les empêcher de se faire la bise ou vérifier qu'ils gardent bien leur masque toute la journée ? » W