Les entreprises enfilent leur masque

Delphine Bancaud

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L'absentéisme dans le privé a flambé en 2012
  L'absentéisme dans le privé a flambé en 2012 — JAUBERT / SIPA

Branle-bas de combat. Pas question pour les entreprises d'attendre la pandémie sans chercher à s'en prémunir. D'autant que le pire scénario prévoit un taux d'absentéisme de 30 % lors du pic épidémique. La crise ayant déjà mis à mal les finances de nombre d'entre elles, elles ne peuvent voir leur chiffre d'affaires s'enrhumer à cause du virus.

Profitant de leur baisse d'activité durant l'été, les grandes sociétés ont constitué une cellule de crise composée de membres du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), de responsables des ressources humaines et de médecins du travail. Avec, à la clé, un plan de continuité d'activité et un dispositif de communication musclé.

Pour informer ses 3 300 salariés sur la grippe A, Acticall, entreprise de relation client, leur a ainsi envoyé, avec leur bulletin de paie d'août, un livret détaillant les mesures d'hygiène à adopter en cas de pandémie. Dans le même esprit, le groupe Crédit agricole va mettre en place un numéro d'appel pour répondre aux questions des salariés.

Autre priorité des employeurs : éviter la propagation du virus une fois qu'il sera présent dans les murs. Pour ce faire, le groupe de certification SGS a acheté 120 000 masques pour ses 2 300 salariés. De quoi équiper ses troupes pendant un mois. A une autre échelle, EDF dispose d'un stock de 16 millions de masques pour tenir douze semaines. Certaines entreprises ont même envisagé des scénarios catastrophes pour être sûres d'être prêtes si la pandémie fait rage. Chez Publicis, un exercice de décontamination d'un étage a ainsi été mené. De son côté, Genitech, société de services informatiques, a testé une journée sans contacts physiques.

Les entreprises accueillant du public sont encore plus sur le qui-vive : « En cas de pandémie, on a prévu d'élargir les plages horaires de nos restaurants, pour éviter l'affluence, et d'éloigner les tables les unes des autres », explique Nicolas Bailleux, directeur qualité et développement durable chez Sodexo. Chez Carrefour, un système de vente simplifiée sur palettes des produits de première nécessité est prévu.

Pour assurer la continuité de leurs activités, nombre d'entreprises ont également étudié la possibilité de faire travailler leurs salariés depuis chez eux. Accelya, une société de services aux entreprises, a ainsi recensé l'équipement informatique à domicile de ses cent salariés en vue de fournir du matériel à ceux qui en auraient besoin. Et chacun d'entre eux a été reçu par la direction afin de donner son accord pour travailler à distance. La direction de Genitech, elle, a planché tout l'été sur la mise en place du télétravail pour tous ses salariés, hormis la standardiste, l'administrateur réseau et le PDG. Reste à attendre la sonnette d'alarme pour activer ce plan maximaliste. W

Demain : notre cahier 2.0 spécial grippe A.