Taxe carbone: pour Nicolas Hulot, «l'injustice, c'est de ne rien faire»

ENVIRONNEMENT Les réactions se succèdent après l'annonce de François Fillon qui a fixé la taxe carbone à 15 euros la tonne de CO2...

Avec agence

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"Si la réponse à la crise écologique est une priorité du gouvernement, pourquoi faut-il tant de temps pour entrer dans le concret?", se demande Nicolas Hulot dans un "rapport d'étape" diffusé par sa fondation sur le site du Pacte Ecologique (pacte-ecologique.org).Il "est aujourd'hui question de repousser cette échéance à l'automne", s'alarme le lobbyiste écologique.
"Si la réponse à la crise écologique est une priorité du gouvernement, pourquoi faut-il tant de temps pour entrer dans le concret?", se demande Nicolas Hulot dans un "rapport d'étape" diffusé par sa fondation sur le site du Pacte Ecologique (pacte-ecologique.org).Il "est aujourd'hui question de repousser cette échéance à l'automne", s'alarme le lobbyiste écologique. — Patrick Kovarik AFP/Archives

Les réactions n’ont pas tardé à l’annonce de François Fillon. Dans une interview au Figaro Magazine à paraître samedi, le Premier ministre a annoncé que la taxe carbone qui vera le jour en 2010, sera fixée à 14 euros la tonne, pour commencer. L'écologiste Nicolas Hulot, qui avait porté l'idée de cette taxe lors de la campagne présidentielle de 2007, a estimé mercredi que la véritable injustice sur ce sujet serait de «ne rien faire».

«Si on livre à la crise énergétique et à la crise climatique les plus exposés, c'est eux qui seront frappés en premier», a déclaré sur Europe 1 l'animateur de télévision et fondateur de la Fondation qui porte son nom.

Redistribution


«L'idée est d'anticiper, parce qu'on va être condamnés à consommer moins d'énergie», a-t-il ajouté, en soulignant que le débat devait maintenant porter sur «la redistribution, l'équité sociale», et en suggérant d'inscrire ce projet dans une loi de finances rectificative «pour gagner deux mois» et permettre un débat plus productif entre droite et gauche.

«Il faut que les gens se préparent, changent leurs comportements. C'est un problème de masse, ce ne sont pas simplement que les riches qui polluent, malheureusement c'est tout le monde, c'est la réalité», a-t-il précisé. Nicolas Hulot a tout de même estimé qu’il sera indispensable de revenir «très rapidement» sur le fait que la taxe ne toucherait pas l’électricité.

Coup d’épée dans l’eau

Interrogé par 20minutes.fr, Jean-Paul Besset, député européen Europe Ecologie et proche de Nicolas Hulot, considère quant à lui que «fixer la taxe à 15 euros par tonne de C02, c'est la vider de son contenu et de son impact. Ça revient à un coup d'épée dans l'eau.» L'élu préconise une taxe à 32 euros, à l'instar de l'ancien Premier ministre Michel Rocard, qui a remis un rapport sur la question fin juillet au gouvernement.

Contribution de l’ensemble des pays industrialisés

Le président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Axel Poniatowski (UMP), a estimé que «la France ne doit pas s'engager seule sur la taxe carbone». «La création d'une contribution climat énergie, en vue d'encourager les comportements sobres en carbone et en énergie, est une idée concrète et audacieuse qui me paraît à la hauteur des enjeux que constitue la lutte contre le changement climatique», déclare-t-il dans un communiqué.

«Cependant, l'ampleur du problème posé par le réchauffement climatique nécessite, de fait, la contribution de l'ensemble des pays industrialisés (...). La France ne saurait être la seule à s'imposer des contraintes dont l'impact s'avèrerait nul sinon infime sur l'environnement», insiste le député du Val d'Oise.