Pour Patrick Balkany, le Taser, «c'était un progrès»

INTERVIEW Le maire de Levallois-Perret trouve la décision du Conseil d'Etat «parfaitement ridicule»...

Propos recueillis par Oriane Raffin

— 

Quelle est votre réaction à l'annulation par le Conseil d'Etat du décret du ministère de l'Intérieur autorisant le Taser pour les policiers municipaux?

Je suis surpris par cette décision motivée par un manque de précision sur la formation des policiers municipaux! Surtout que les Taser sont fournis avec un kit de formation. C'est surprenant que les policiers municipaux aient le droit de porter une arme léthale mais pas une intermédiaire. C'est parfaitement ridicule.

Pour vous, la formation est suffisante?

La police municipale est formée, encadrée, il y a des chefs de police, des formateurs. Je crains que le Conseil d'Etat, qui vit au Palais Royal, à Paris, gardé par des gendarmes, ne sache pas ce que c'est que la police municipale!

Le Taser aurait-il pu être utile à votre police?


A Levallois, nous comptions en équiper nos brigades, notamment les brigades de nuit, par exemple quand il faut maîtriser quelqu'un qui n‚est pas dans son état normal. Et puis le Taser est dissuasif. Tout le monde sait qu'un policier ne peut pas sortir son revolver si la personne en face n'est pas armée d'un revolver aussi...

Nous avons nos formateurs à plein temps, qui auraient été formés au Taser dès réception, afin de former notre police. On ne laisse pas, bien entendu, dans la nature des policiers sans formation! Ils pensent quoi au Conseil d'Etat? C'est très bizarre. Je trouvais que le Taser, c'était un progrès. Depuis 25 ans, ma police municipale a vécu sans, avec leurs armes de poing. Et en 25 ans, je n'ai pas eu le moindre incident avec.