Affaire Clearstream: Villepin s'attaque à nouveau à Sarkozy

JUSTICE Il se pose en alternative à la politique menée par le Président...

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 Dominique de Villepin, le 1er avril 2009 à l'Assemblée nationale.
 Dominique de Villepin, le 1er avril 2009 à l'Assemblée nationale. — WITT/SIPA

Après avoir accusé Nicolas Sarkozy de «détournement de pouvoir», Dominique De Villepin monte à nouveau au créneau. Cette fois, l'ex-premier ministre accuse son rival de «fragiliser notre modèle républicain». Dans une interview à paraître jeudi dans l'Express, il explique: «Nous sommes dans une situation inédite et malsaine. Garant de l'indépendance de la justice, le président de la République n'a pas à donner son opinion sur une affaire judiciaire en cours. A fortiori il est inconcevable qu'il le fasse (...) dans une affaire qui le concerne personnellement.»

«Il aurait du faire preuve d'une plus grande retenue»

Alors que Dominique de Villepin doit comparaître le 21 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris dans le cadre de l'affaire Clearstream, il dénonce une «instrumentalisation politique» de cette affaire. Nicolas Sarkozy «pèse sur le dossier de tout son poids institutionnel, il a autorité sur le parquet, il appartient au Conseil supérieur de la magistrature et plusieurs de ses ministres sont témoins ou partie civile», s'insurge-t-il.

«L'un de ces témoins est même garde des Sceaux. Pour éviter la confusion des genres, il aurait dû faire preuve d'une grande retenue alors que chacun sait qu'à l'Elysée, ce dossier a bénéficié d'une attention toute particulière.»

Une alternative pour 2012?

Michèle Alliot-Marie a réfuté ces accusations. «Il n'y a pas de procès politique dans notre pays. Il y a un procès dans lequel il y a une accusation et une défense, et c'est le juge qui tranchera sur des moyens de droit, pas des moyens politiques», a-t-elle assuré mercredi sur Europe 1.

Mais Dominique de Villepin ne s'arrête pas au procès Clearstream. Il se présente également comme une «alternative à la politique qui est menée» par l'actuel président de la République. Interrogé sur une éventuelle candidature en 2012, il répond que «tout cela est prématuré», mais évoque la création «à l'initiative de l'ancienne ministre Brigitte Girardin, le Club Villepin, pour permettre à des personnes de tous les horizons de se retrouver autour d'une même ambition pour la France.»

>>> Selon vous, Dominique de Villepin est-il une alternative crédible à Nicolas Sarkozy à droite?