Le préfet Paul Girot de Langlade pourrait être mis à la retraite anticipée

POLEMIQUE Il est suspendu des ses fonctions mais se réserve le droit de contre-attaquer...

J. M.

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Le préfet Paul Girot de Langlade, coordonnateur local pour la Réunion
des Etats généraux de l'Outre-mer, le 10 juillet 2009 au Tampon.
Le préfet Paul Girot de Langlade, coordonnateur local pour la Réunion des Etats généraux de l'Outre-mer, le 10 juillet 2009 au Tampon. — RICHARD BOUHET/AFP
Accusé d'avoir tenu des propos racistes et suspendu depuis de ses fonctions, Paul Girot de Langlade, 63 ans, préfet hors cadre depuis septembre 2007, pourrait être finalement mis à la retraite anticipée, sans prime. L'information est révélée ce mercredi par Europe 1, alors que l'homme a été convoqué la veille au ministère de l'Intérieur. A l'origine de l'affaire: la plainte d'une employée de l'aéroport d'Orly choquée par les remarques du préfet. Pour rappel, le préfet s'était emporté après un contrôle de sécurité, le 31 juillet dernier, en s'écriant: «On se croirait en Afrique ici» et «de toute façon, il n'y a que des noirs ici.»
 
«J’ai été lynché médiatiquement à cause des propos qu’a tenu le ministre (Brice Hortefeux, ndlr) et je ne peux pas laisser passer tout ça, a-t-il prévenu sur les ondes d'Europe 1. Donc, très clairement, je suis obligé d’attaquer».
 
«Une cabale»

Hors de question pour lui d’en rester là. Dès la fin du mois du d’août, Paul Girot de Langlade avait dénoncé «une cabale» menée contre lui. Il avait même estimé qu'il s'agissait «affaire orchestrée par le ministre de l'Intérieur» Brice Hortefeux pour se «refaire une virginité» d'antiraciste, histoire de «faire oublier son passage au ministère de l'Intégration où il a mené une politique plus sévère que dans le passé».

Paul Girot de Langlade n’en est pas à sa première sortie. Il avait été relaxé en appel en juin 2008 pour des propos assimilant les gens du voyage à des délinquants, tenus alors qu'il était préfet d'Indre-et-Loire. Il avait déjà fait l'objet d'une procédure concernant les gens du voyage en 2002 quand il était préfet du Vaucluse. Celle-ci s'était soldée par un non-lieu, confirmé en appel en 2005, les faits étant prescrits.