Fabius veut taxer plus les hauts revenus

POLITIQUE L'ancien premier Ministre préconise la présence de salariés dans les conseils de rémunération des entreprises pour réduire les «inégalités»...

Avec agence

— 

Laurent Fabius à Paris, le 28 février 2009
Laurent Fabius à Paris, le 28 février 2009 — REUTERS/Regis Duvignau

Laurent Fabius (PS) a proposé samedi l'instauration d'une «tranche supplémentaire» de l'impôt sur les revenus pour taxer «les hauts revenus» et préconisé la présence de salariés dans les conseils de rémunération des entreprises pour réduire les «inégalités».

«Qu'est-ce que le sarkozysme, sinon l'accentuation des inégalités en France et le démantèlement total du service public ?», a lancé l'ancien Premier ministre lors d'un atelier sur la crise qu'il animait avec différents partis de gauche à l'université d'été de La Rochelle.

Compte tenu des «inégalités» croissantes et du «caractère massif des déficits», il est «légitime que nous réclamions pour les plus hauts revenus une tranche supplémentaire à l'impôt sur les revenus», a déclaré le député de Seine-Maritime. «Ceci doit être un de nos chevaux de bataille».

Plus de transparence

Selon lui, il faut aussi poser la question de «la transparence» dans la fixation des revenus: «Il faut que les représentants des salariés soient présents dans les conseils d'administration et les conseils de rémunération» des entreprises qui décident de «l'éventail des rémunérations». C'est un «changement majeur», car «avec la transparence, il est bien plus difficile de pratiquer des excès», a-t-il dit, en rappelant les bonus des traders.

«Fiscalité à la Fouquet’s»


Les distinctions de revenus, selon lui, doivent être basées sur «l'utilité sociale», alors que «Nicolas Sarkozy pratique la fiscalité à la Fouquet's, et je ne parle pas du surintendant !», a-t-il ironisé. Laurent Fabius a appelé les partenaires de gauche du PS à discuter et convenir de propositions communes. «Il faut dire quelles sont les propositions de la gauche, on verra bien si certains gens qui s'en réclament ou qu'on voudrait qu'ils s'en réclament, en font partie», a-t-il dit, dans une allusion au MoDem alors que la première secrétaire Martine Aubry n'avait pas exclu une alliance avec le parti de François Bayrou, lui demandant de clarifier ses positions. Il a aussi défendu une «pétition citoyenne contre la privatisation de la Poste» et a dénoncé «la mise en charpie des collectivités locales par le gouvernement actuel».