Une nourriture saine dans des emballages sains

CONSOMMATION Du maïs pour faire du plastique, de la canne à sucre pour des saladiers–... Zoom sur les nouveaux emballages écologiques...

Paul Najafi

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Les emballages écologiques faits avec du maïs, de la bagasse, du plastique recyclé ou du carton.
Les emballages écologiques faits avec du maïs, de la bagasse, du plastique recyclé ou du carton. — no credit
A première vue, ils ont la même apparence. Mais pour la nature, la différence est colossale. A notre gauche, un sac plastique à base de polystyrène ou polypropylène, deux matériaux issus du pétrole, met 300 ans à être éliminé. A notre droite, un sac plastique à base d’amidon de pomme de terre ou de maïs met quelques semaines seulement à disparaître. Une avancée technologique qui compte dans le secteur de la restauration, surtout pour la vente de salades, sushis ou encore pâtes à emporter. 20minutes.fr fait le tour de ces nouveaux emballages écologiques.

La canne à sucre pour faire des saladiers
La fibre de canne à sucre, elle, provient de la bagasse: le résidu de la canne à sucre. Modelable sous n'importe quelle forme, biodégradable et compostable, c'est «un produit écologique intéressant», estime Ali Sheybani, directeur de Packdis, une société de distribution d'emballages alimentaires à usage unique. Pour Patrick Montier, responsable du site ecocompare.com joint par 20minutes.fr, la fin de vie de ce genre de produit n’a aucun impact négatif pour l’environnement.

Le plus: Solide, micro-ondable, biodégradable et compostable.
Le moins: Opaque.


Du maïs pour faire du plastique
Le PLA est une matière bioplastique: elle est issue de maïs et parfois de pomme de terre. Renouvelable et biodégradable, il est «impressionnant» de voir à quel point cette matière «ressemble à du plastique classique», s’enthousiasme Ali Sheybani en montrant un gobelet. Toutefois, il se dit inquiet de voir des pays producteurs de maïs se retrouver en crise alimentaire parce qu’ils préfèrent transformer le maïs en bioplastique. Pour Patrick Montier, le seul défaut réside dans la nécesité d'une culture intensive, l’utilisation de pesticides, d’eau voire d’OGM.

Le plus: Esthétique proche du plastique (transparent), recyclable, biodégradable, solide.
Le moins: Température maximale conseillée 45°C, non micro-ondable, agriculture intensive.


Le plastique recyclé et recyclable
Le PET est une matière plastique très rigide et transparente fabriquée à partir de pétrole. De ce fait, c’est une matière peu écologique. Néanmoins, du processus de recyclage naît le RPET (PET recyclé): il s’agit du plastique récupéré à partir de bouteilles d’eau par exemple. Patrick Montier explique qu’«il faudrait connaître le bilan énergétique de son recyclage mais le RPET demeure une matière intéressante puisqu’il est recyclé et recyclable et qu’il ne demande pas de pétrole».

Le plus: Recyclé, recyclable, ne demande pas de pétrole, esthétique, solide.
Le moins: L’énergie dépensée pour le recyclage, non micro-ondable.


Les récipients et couverts en bois
La dernière catégorie est l’utilisation de récipients ou couverts en bois, plus solides mais aussi plus coûteux. Là encore il faut du bois, de l’eau et des forêts. Les restaurateurs ne seront pas prêts à fournir des emballages plus chers et éventuellement réutilisables. Toutefois, certains industriels s’engagent à replanter des arbres après en avoir coupé mais il demeure «difficile pour nous de vérifier» si ces engagements sont respectés, dit le directeur de Packdis, étant donné qu’il s’agit de firmes situées en Asie du Sud-Est.

Le plus: Réutilisable, solide, micro-ondable
Le moins: Peu esthétique, son prix, sa consommation en arbres et en eau.