Les salariés de Serta maintiennent la pression

SOCIAL Après la menace chimique, place aux bonnes vieilles bonbonnes de gaz...

Avec agence

— 

Soixante employés de la compagnie de transport Serta devant 8.000 litres de produits toxiques sur le site de La Vaupalière, le 2 août 2009.
Soixante employés de la compagnie de transport Serta devant 8.000 litres de produits toxiques sur le site de La Vaupalière, le 2 août 2009. — AFP PHOTO/ROBERT FRANCOIS

Les salariés de l'entreprise de transport Serta en redressement judiciaire, qui avaient menacé de déverser des produits toxiques dans un affluent de la Seine avant de renoncer lundi à ce projet, ont placé mardi quelques bonbonnes de gaz sous des camions «pour maintenir la pression», a-t-on appris de source syndicale.

«Nous attendons la décision du tribunal et la nomination d'un médiateur», a déclaré Jean-Pierre Villemin, délégué CFDT au dépôt Serta de La Vaupalière, près de Rouen. «Il y a des choses qui se sont enclenchées» mais les salariés veulent «maintenir une certaine pression», a-t-il ajouté.

Le délégué avait annoncé lundi que les salariés, en grève depuis le 14 août, abandonnaient la menace de pollution chimique et allaient «s'attaquer directement aux intérêts financiers des dirigeants actuels et des repreneurs potentiels».

Les repreneurs actuels pas satisfaisants

Le site de Cavaillon (Vaucluse) de Serta «est en grève depuis ce matin», a aussi indiqué Jean-Pierre Villemin. Le tribunal de commerce d'Evreux a mis en délibéré au 27 août sa décision sur une liquidation judiciaire ou une reprise de l'entreprise qui emploie 150 salariés en France, notamment à La Vaupalière et à Cavaillon.

«La décision pourrait intervenir plus tard que prévu», selon Jean-Pierre Villemin. «Quelque soit la décision, liquidation ou plan de cession, de toute façon on fera appel», a-t-il poursuivi.

Les salariés de Serta ne veulent pas des candidats actuels à la reprise de la société, dont certains sont d'anciens dirigeants et qui prévoient selon la CFDT de ne conserver que la moitié des effectifs.

Serta ne compte plus aujourd'hui que 150 salariés, contre 250 en janvier avant un plan social qui avait suivi le placement de l'entreprise en redressement judiciaire en novembre 2008, selon la CFDT.