Les raisons de limiter la propagation du virus A (H1N1)

SANTE Le virus ne serait pas plus virulent que celui de la grippe saisonnière. Mais il est plus contagieux et touchera donc plus de monde, provoquant au final plus de décès...

Julien Ménielle

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Une infirmière fait les tests pour la grippe A (H1N1) à une femme à Nouméa, en Nouvelle Calédonie, le 21 août 2009
Une infirmière fait les tests pour la grippe A (H1N1) à une femme à Nouméa, en Nouvelle Calédonie, le 21 août 2009 — AFP PHOTO MARC LE CHELARD

C'est une manipulation politique, les médias en font trop, ce n'est jamais qu'une grippe. C'est vrai, après tout, pourquoi un tel branle-bas de combat autour de la grippe A (H1N1)? Puisque les spécialistes s'accordent à dire qu'elle est peu virulente, pourquoi serait-elle si dangereuse? 20minutes.fr fait le point sur les risques réels encourus.

La grippe tue
Certes, il ne s'agit que d'une grippe. Mais la grippe saisonnière tue chaque année entre 1.500 et 2.000 personnes en France. On considère que son taux de létalité (c'est à dire le nombre de décès par rapport au nombre de cas) est de 1 pour 1.000. Et même si la grippe A (H1N1) n'était pas plus virulente que la grippe saisonnière classique - ce qui fait encore débat -, on sait qu'elle est beaucoup plus contagieuse, et qu'elle menace donc de toucher une population bien plus large. Et donc de faire plus de morts. D'où l'intérêt de limiter au maximum sa propagation par des mesures préventives.

Certaines personnes sont particulièrement vulnérables
Environ 90% des décès causés par la grippe saisonnière concernent les personnes âgées de plus de 65 ans. Parmi les personnes les plus exposées, on retrouve également les femmes enceintes, les personnes obèses, mais aussi les patients affaiblis par des pathologies sous-jacentes, telles que les déficits du système immunitaire, et les maladies respiratoires ou cardiaques. C'était d'ailleurs le cas pour les deux premiers décès de la grippe A sur le territoire métropolitain.

Le virus A (H1N1) pourrait avoir une mortalité directe plus élevée que le saisonnier
En s'appuyant sur les données en provenance de Nouvelle-Calédonie et de l'île Maurice, l'épidémiologiste Antoine Flahaut a calculé que la mortalité directe pourrait être cent fois plus fréquente dans le cas de la grippe pandémique A (H1N1). Ce type de mortalité, due au virus lui-même et ne concernant donc pas que les sujets fragilisés, est rarissime pour la grippe saisonnière, avec un cas par million de malades. A l'Ile Maurice, la grippe A (H1N1) a directement tué un malade sur 10.000. Mais ces estimations ont été réalisées sur un échantillon limité et insulaire, le spécialiste estime donc qu'il ne faut pas «qu'on cède trop à la panique».

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