Plus de 800 kilos d'explosifs saisis dans douze caches de l'ETA

TERRORISME C'est le plus gros coup porté à l'organisation séparatiste basque depuis 2004...

Charlotte Mannevy

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La police inspecte les bois entre Boisset et Ferrals, deux villes de la côté basque, où ont été trouvées des caches de l'ETA.
La police inspecte les bois entre Boisset et Ferrals, deux villes de la côté basque, où ont été trouvées des caches de l'ETA. — AFP PHOTO / REMY GABALDA

C'est un sérieux coup dur pour l'organisation séparatiste basque. En moins d'une semaine, trois membres présumés d'ETA ont été arrêtés en Savoie et douze caches d'armes et d'explosifs découvertes dans le Sud de la France. L'une de ces cachettes située à Ferrières (Hautes-Pyrénées), à moins de dix kilomètres de la frontière espagnole, aurait pu servir de relais pour une utilisation immédiate sur le territoire espagnol a expliqué mardi le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin.

De simples fûts enterrés en forêt

Au total, ce sont plus de 800 kg d'explosifs, dix-huit armes de poing, 4 600 munitions qui ont été saisis. «Il n'y avait pas eu de telle découverte depuis 2004», a souligné Jean-Claude Marin. Ce coup de filet montre aussi un changement de la stratégie de l'organisation: si auparavant ETA avait l'habitude d'entreposer d'importants stocks d'armes dans des appartements ou des villas, les séparatistes basques semblent s'être repliés vers des zones rurales, allant jusqu'à enfouir de simples fûts en pleine forêt. Certaines de ces caches ont d'ailleurs été découvertes par des chasseurs. Mais malgré les récentes prises, ETA reste dotée d'un arsenal phénoménal. Sur le millier
d'armes volé lors d'une opération commando à Vauvert (Gard) en 2006, moins d'une centaine a été retrouvée.

Coopération

Ces opérations sont le fruit de la collaboration des services français et espagnols. Un sujet qui sera au menu d'une rencontre, ce mercredi à Paris, entre les ministres de l'Intérieur des deux pays.