Grippe A/H1N1 en Nouvelle-Calédonie: «On attend que ça passe»

TEMOIGNAGES Sur le territoire, malgré le pic épidémique et les cinq morts liées au virus, la vie continue...

Bérénice Dubuc

— 

Une infirmière fait les tests pour la grippe A (H1N1) à une femme à Nouméa, en Nouvelle Calédonie, le 21 août 2009
Une infirmière fait les tests pour la grippe A (H1N1) à une femme à Nouméa, en Nouvelle Calédonie, le 21 août 2009 — AFP PHOTO MARC LE CHELARD

Une cinquième victime du virus H1N1 est décédée ce week-end en Nouvelle-Calédonie. Mais à Nouméa, point de panique. Le seul signe inhabituel est dressé devant l’hôpital Gaston Bourret. Deux grandes tentes, qui servent de sas sanitaire, filtrent les visiteurs pour éviter que les porteurs de la grippe A entrent en contact avec les malades de l’hôpital, affaiblis, donc plus vulnérables au virus H1N1.
 
Ces tentes mises à part, la vie continue comme si de rien n’était. Les écoles, les entreprises, les magasins: tout est ouvert. Seules les personnes malades sont cloîtrées chez elles (environ 20.000 personnes recensées au 24 août). Fin juillet, alors que l’année scolaire bat son plein en Nouvelle-Calédonie, quelques écoles (primaires et collèges) avaient été fermées, avant d’être rouvertes. «Comme aucune entreprise n’est fermée, il y a eu de gros problèmes de garde des enfants», explique à 20minutes.fr Gilles, qui est professeur dans un collège de Nouméa.
 
«Aucune consigne particulière»

À sa connaissance, le vice-rectorat n’a diffusé aucune consigne particulière aux établissements scolaires. «Lorsqu’un élève se plaint de maux de tête et de fièvre, on appelle ses parents et on le renvoie chez lui», dit Joseph, également professeur dans un collège du nord de la Nouvelle-Calédonie, interrogé par 20minutes.fr.
 
Les seules consignes diffusées le sont à la télévision, via le spot de prévention nationale, qui incite à se laver les mains et à éternuer dans un mouchoir. Des conseils qui paraissent «gentillets» à Gilles, par rapport aux cinq pertes humaines déjà enregistrées.
 
Quant aux masques, «on n’en reçoit un que lorsqu’on se rend à la pharmacie avec une prescription de Tamiflu», indique Marie, qui vit également dans le Nord de Grande Terre, l’île principale du TOM. 
 
«On attend que ça passe»

Dans les provinces du Nord, des îles Loyauté ainsi que sur l’île des Pins, Gilles explique qu’il y a «un sentiment d’angoisse et d’insécurité dans la population, car les services de santé, qui ne sont pas florissants d’ordinaire sont désormais complètement dépassés.» Et à Nouméa, c’est le fatalisme qui prévaut: «La grippe A est là, il n’y a rien à faire contre. On croise les doigts pour ne pas l’attraper, et on attend que ça passe.»
 
Avec l’hiver austral qui touche à sa fin, et la remontée des températures, la propagation du virus pourrait ralentir. Gilles approuve: «Dans mes classes, il y a deux semaines, environ un élève sur deux était malade et donc absent. Aujourd’hui, il n’y en a plus que deux ou trois.»