Vincent Peillon se la joue solo

POLITIQUE Le quadra PS, qui avait été porte-parole de la campagne présidentielle de Ségolène Royal en 2007, anime ce vendredi à Marseille les ateliers d'été de son courant «Espoir à gauche»...

Elodie Lestrade

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  — P. LAURENSON / REUTERS

A une semaine du lancement de l’université d’été du PS, cela pourrait presque apparaître comme une déclaration de guerre. Vincent Peillon, l’ancien porte-parole de Ségolène Royal, a inauguré ce vendredi les ateliers d’été de son mouvement «Espoir à gauche», créé le 1er février 2009. Le socialiste y a convié la responsable MoDem Marielle de Sarnez, le leader du mouvement «Europe Ecologie» Daniel Cohn Bendit ou encore le communiste Robert Hue.

Pour l’eurodéputé socialiste, ces ateliers d’été prévus sur deux jours, n’ont toutefois pas vocation à concurrencer le grand rassemblement du Parti socialiste prévu à La Rochelle le week-end prochain. «Il n'y a aucune concurrence, on espère que ces journées seront utiles, non seulement au PS, mais à la gauche et aux progressistes, parce qu'on a bien besoin d'un petit signe d'espoir», assure-t-il.

Il se veut le chef de file d’un grand rassemblement

Se présentant comme l’intellectuel du Parti socialiste, cet agrégé de philosophie se pose comme le chef de file d’un grand mouvement qui ratisserait du PC au MoDem. Car contrairement à la ligne officielle du PS, il estime que la gauche ne peut pas et ne doit pas ignorer le parti de François Bayrou. Il en veut pour preuve l’histoire même du Parti socialiste qui, comme il l’a déclaré dans une interview accordée à Paris Match, est «une alchimie à faire et à refaire sans cesse».

A 49 ans, celui qui fait – pour un an encore – partie de la catégorie des «quadras» de son parti, a aussi décidé de se montrer en compagnie de Daniel Cohn-Bendit. Celui à qui le PS fait les yeux doux depuis son score aux élections européennes a même accepté de s’afficher ce vendredi en une du Monde avec Vincent Peillon.

Ségolène Royal, grande absente

La grande absente de ces «ateliers d’été», ce sera donc Ségolène Royal. «C'est elle qui n'a pas souhaité venir dans ce rassemblement qui est celui de ses amis», a expliqué Vincent Peillon. Il est pourtant indéniable que l’ancien porte-parole a pris ses distances vis-à-vis de celle qu’il avait soutenue lors des élections présidentielles, puis au congrès de Reims. Interrogé ce vendredi sur France Inter à ce sujet, il a répondu: «Je pense que Ségolène Royal est une personne extrêmement charismatique mais dans le moment présent où nous sommes nous n'avons pas à choisir une personne, nous avons à définir quelques idées». Et puis, aime-t-il à rappeler, de nombreux royalistes seront présents à ces ateliers d’été, tels qu’Aurélie Filipetti ou encore Jean-François Rebsamen.

Vincent Peillon ne déclare pas ouvertement ses ambitions pour 2012 et préfère éviter les questions à ce sujet. Pour l’instant, il veut mener à bien ses ateliers d’été dans «un esprit très studieux, très ouvert». Une attitude qui tranche avec celles d’autres «quadras» socialistes comme Manuel Valls, qui ne cache pas ses ambitions ou encore Arnaud Montebourg, qui va jusqu’à menacer de quitter le parti.