Refus de don du sang aux homosexuels: «J'ai pris une grande claque»

TEMOIGNAGES Alexandre Marcel, un homosexuel d'Alès, a voulu donner son sang et n'a pas pu en raison de ses orientations sexuelles. Vous avez été nombreux à réagir à cet article...

Elodie Lestrade

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  — P. FAYOLLE / SIPA

Pour éviter les débordements, nous avons été contraints, à regret, de fermer l’article «Un homosexuel en grève de la faim pour pouvoir donner son sang» aux commentaires. Nous vous avions cependant demandé de nous envoyer vos témoignages. Et vous êtes nombreux à avoir souhaité partager votre opinion ou votre expérience par mail au 33320@20minutes.fr.

De nombreux internautes tiennent à soutenir l’action d’Alexandre Marcel, en grève de la faim depuis lundi soir. Alexandre écrit ainsi: «Je trouve totalement inacceptable ce qui c'est passé. Roselyne Bachelot démontre une intolérance certaine ainsi que les responsables du Don du sang (…). C'est honteux tout simplement! Mr Marcel a raison de faire une grève de la faim et j'encourage la communauté homosexuelle est toutes les personnes outrées par cet injustice à faire en sorte que ce refus ne soit pas jeté aux oubliettes.»

Une expérience «traumatisante»


Damien, qui regrette de n’avoir pas pu laisser de commentaires, raconte: «Je me suis effectivement retrouvé dans la même situation et j'aurais bien aimé partager mon expérience (traumatisante) de ce que peut être un refus de don.» Il explique s’être trouvé dans cette situation à l’âge de 20 ans alors qu’il se cherchait encore. «Quand quelqu'un se présente plein de bonne volonté pour donner son sang et qu'on lui refuse, on prend cette réflexion comme une claque, personnellement, j'ai même eu l'impression de n'être rien qu'un déchet de notre société, un moins que rien ou encore une personne malsaine. Je me suis vraiment dit "ils ne veulent pas que j'aide mon prochain alors à quoi je sers ?"» témoigne-t-il. Et de conclure: «Si on vit très bien sans donner son sang, le fait que l'on n’ait pas le droit de le faire, ça crée une différence, cela a des incidences aussi psychologiques.»

De même, Fabrice, un homosexuel qui était également donneur de sang, raconte: «Lorsque pour la première fois (vers 19 ans) j'ai assumé mon homosexualité, et affirmé avoir eu des rapports homosexuels au médecin du don du sang, j'ai pris une grande claque. Le médecin a été super avec moi, m'a bien tout expliqué notamment que le sang prélevé ce jour là n'irait pas pour un patient mais pour la recherche. J’étais également inscrit sur le fichier de donneur de moelle osseuse et j'en ai été radié». Pour autant, il ne soutient pas totalement l’action d’Alexandre Marcel. Il précise: «Je trouve ça un peu exagéré d'entamer une grève de la faim pour ça. Il s'agit d'un geste altruiste à la base, et je trouve que de vouloir donner coûte que coûte relève un peu d'un besoin de reconnaissance déplacé».

Un «débat de santé publique»

Erwan tient à préciser que le taux de prévalence du sida est «bien supérieur» chez «les populations nées en Afrique et dans les DOM-TOM» et dont le don du sang est accepté. Il juge que «le but de l'action de Mr Marcel semble bien de vouloir faire comprendre qu'il est indécent d'interdire des "populations à risques", mais qu'il faut bien évidemment filtrer les "pratiques à risques"». Selon lui, «cette question n'est pas qu'un débat purement communautaire, mais de santé publique, puisque le don est théoriquement autorisé à un hétérosexuel libertin, et pas à un homosexuel abstinent, ce qui est bien évidemment une aberration!»

Compte tenu des dérapages fréquents de certains internautes sur des questions liées à l'homosexualité, 20minutes.fr a décidé, à regret, de fermer cet article aux commentaires. Toutefois, si vous souhaitez témoigner et réagir à cet article, envoyez-nous vos messages à 33320@20minutes.fr...