Un homosexuel en grève de la faim pour pouvoir donner son sang

SOCIETE Alexandre Marcel voulait donner son sang. On a refusé de lui faire la prise, en raison de ses préférences sexuelles. Une mesure qui ne constitue pas une discrimination, selon Roselyne Bachelot...

Elodie Lestrade

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  — J. NAEGELEN / REUTERS

Il a décidé de faire une grève de la faim pour lutter contre «une injustice extraordinaire». Alexandre Marcel, homosexuel, s’est vu refuser le droit de donner son sang en raison de ses orientations sexuelles. Comme le rapporte yagg.com, cet habitant d’Alès a déjà déposé une plainte. Mais cela n’est pas suffisant pour lui.

«Je mène un combat citoyen», explique-t-il à 20minutes.fr. «Je veux pouvoir sauver et préserver la vie d’autres personnes (…), avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres», dit-il, soupirant que «ça commence à être un peu dur après deux jours de grève de la faim».  Toutefois, il le jure, sa «grève de la faim est infinie» et durera jusqu’à ce qu’il soit entendu.

Considérés comme une «population à risque»

Son cheval de bataille? Cette mention, inscrite dans le questionnaire du don du sang: «Etes-vous un homme qui a eu des relations sexuelles avec un autre homme?». Une façon de détecter les personnes homosexuelles, une «population à risque» détenant un «taux de prévalence» du sida considéré comme trop important. Pour rappel, le taux de prévalence correspond au nombre de cas existants d'une maladie à un moment donné, divisé par la population «vulnérable» à cette maladie.

Sur le site Internet de l’EFS (Etablissement Français du Sang), l’homosexualité ne figure pas parmi les contre-indications pour donner son sang. Choquant? Sur RMC ce mercredi, Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, a expliqué que le taux d'infection par le VIH chez les homosexuels était plus élevé que chez les hétérosexuels. Et, a-t-elle ajouté, il existe une «période muette pendant laquelle on ne peut pas trouver le virus».

«Si cette prévalence baisse, cette contre-indication sera levée», a repris la ministre de la Santé. Au sujet d’Alexandre Marcel, elle a tenu à le «remercier», soulignant qu’il s’agissait de quelqu’un «qui veut s’impliquer».

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