François Fillon écourte ses vacances pour s'attaquer aux algues vertes

ENVIRONNEMENT Les ulves envahissent le littoral depuis près de trente ans et sont très toxiques...

M.D avec agence

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Sur les plages de la baie de Saint-Michel-en-Greve, comme sur beaucoup de plages bretonnes, prolifèrent les «algues vertes» (Ulva Lactuca), suite à une pollution d'origine principalement agricole.
Sur les plages de la baie de Saint-Michel-en-Greve, comme sur beaucoup de plages bretonnes, prolifèrent les «algues vertes» (Ulva Lactuca), suite à une pollution d'origine principalement agricole. — LEPAGE/SIPA

Il avait annoncé son retour le 24, tout compte fait ce sera jeudi. François Fillon anticipe son retour de vacances avec un déplacement jeudi à Saint-Michel-en-Grève, près de Lannion dans les Côtes-d’Armor. Une visite qui sera consacrée au problème écologique de la prolifération des algues vertes, les ulves.


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C'est sur une plage de cette petite commune qu'a péri de manière fulgurante (en une minute) un cheval fin juillet. Enlisé dans une zone mouvante, l'animal serait mort d'une inhalation du gaz dégagé par des algues en décomposition accumulées. Son cavalier, âgé de 27 ans, qui avait perdu connaissance a pu être sauvé par des témoins intervenus très rapidement.

Une étude sur la toxicité des ulves

Ce cas a relancé les interrogations sur les algues vertes qui souillent une partie du littoral breton depuis trente ans et qui constitueraient une menace sérieuse pour la santé publique. Après cette affaire, le ministère du Développement durable a lancé une étude sur la toxicité des algues vertes dont les résultats doivent être connus cette semaine. La synthèse du rapport a été transmise au quotidien Ouest France. Les analyses montrent que certains des prélèvements effectués dans la baie de Saint-Michel-en-Grève (Côtes d'Armor) révèlent une concentration en hydrogène sulfuré qui «avoisine les 1.000 ppm» (point par million). «On sait que au-delà de 500 ppm, la dose peut être mortelle», rappelle le journal. Selon cette synthèse, écrit Ouest-France, «les experts se rejoignent sur le fait que "ponctuellement" le gaz émis "peut-être dangereux"».

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Le président du conseil régional de Bretagne Jean-Yves le Drian (PS) a demandé à l'Etat de lui donner les coudées franches pour prendre des mesures spécifiques contre ces «marées vertes» devenues selon lui «insupportables pour les populations locales».

L'Etat mis en cause

En octobre 2007, l'Etat avait été condamné à verser 2.000 euros de dommages-intérêts à une association de Bretagne par le tribunal administratif de Rennes qui l'a jugé responsable du développement des algues sur le littoral breton. L'Etat a fait appel, mais à ce jour, la cour administrative de Nantes n'a toujours pas rendu sa décision.