Une plage de plaisir pour les oubliés des vacances

Aurélie Tournois

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«La mer, elle est sale.»  Sur la plage de Cabourg (Calvados), Amadou, 6 ans, préfère ramasser des crabes et des coquillages que de se baigner. Peut-être le manque d’habitude. Ce garçon du 10e arrondissement de Paris participait mardi, en compagnies de 5.000 autres enfants franciliens de 6 à 12 ans, à la 30e édition de la Journée des oubliés des vacances (JOV), organisée par le Secours populaire d’Ile-de-France. Objectif: permettre aux jeunes issus de familles défavorisées de passer une journée de détente hors de la capitale. Un luxe que leurs parents ne peuvent habituellement pas leur offrir.

Pour l’occasion, ils n’auront déboursé qu’une poignée d’euros. Au programme: baignades, jeux de plage, musique, danse et animations sur le thème des droits de l’enfant. Certains, à l’instar de Ryam, fillette de 12 ans venue de Grigny (Essonne), y participaient pour la seconde fois.
 
Hausse des inscriptions

Mais cette année, les inscriptions ont grimpé en flèche. Julien Lauprêtre, président du Secours populaire, confirme que «de plus en plus de familles ne partent pas en vacances». «Cela ne risque pas de s’arranger avec la crise.» Gisèle Bosquet, dynamique bénévole de 82 ans, se réjouit, elle, de l’augmentation du nombre de volontaires chaque année. «Ça fait 100 ans que je suis là moi! Depuis que je suis toute petite, ce qui est injuste me met en colère!»
 
Spécificité 2009: la solidarité du café Zoïde, un établissement du 19e arrondissement, a permis à certaines familles de partir au complet. C’est le cas de LeHui, Alex, Iris et de leurs parents. D’origine asiatique, ceux-ci ne parlent pas français, et c’est LeHui, fillette de 12 ans, qui fait office de traductrice. «Nous sommes au nord ou au sud? Dans quelle ville?» Jamais partis au bord de la mer, ils semblent assez perdus. A 17h30, c’est déjà l’heure du retour. A Paris, quatre heures plus tard, la mère d’Amadou accueille le garçonnet avec ses sœurs, tout sourire: «Il a fait beau, on vous a vus à la télé.» Et d’avouer: «J’étais jalouse.»