L'incendie dans l'immeuble HLM de Sevran était dû à une «intervention humaine»

Avec agence

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  — O. LABAN-MATTEI / AFP
L'incendie, qui a tué cinq personnes, dont trois enfants et un nourrisson lundi dans un immeuble HLM de dix étages dans une cité à Sevran (Seine-Saint-Denis), est dû à une «intervention humaine», a annoncé le Parquet de Bobigny.

«La mise à feu résulte vraisemblablement d'une intervention humaine dont, en l'état des éléments recueillis, il n'est pas possible de déterminer le caractère fortuit ou volontaire», écrit le Parquet dans un communiqué. L'enquête va désormais essayer de déterminer si le sinistre a été provoqué volontairement ou s’il a pour origine un mégot de cigarette jeté involontairement, a-t-on précisé de source judiciaire.

D'après le Parquet, le sinistre serait parti d'un feu de poubelle localisé au niveau du palier du 1er étage dans une zone où se trouvaient deux chariots de supermarché. Les flammes se sont ensuite propagées sur le palier et dans le couloir ainsi qu'aux étages supérieurs par les gaines techniques, l'escalier et la trémie de l'ascenseur.
 
L'ouverture de la porte de l'appartement du 8e étage, où ont été découvertes les victimes, a permis au feu de progresser dans le logement, provoquant l'embrasement généralisé de toutes les pièces. 
 
La trappe de secours mise en cause par les habitants

Plusieurs habitants avaient mis en cause le bailleur de l'immeuble «3F immobilier», qui aurait condamné la seule issue de secours, pourtant conforme selon le parquet de Bobigny.

Certains habitants avaient en effet confié à l'AFP que la trappe de secours située au haut du bâtiment était fermée avec un cadenas. «Elle a empêché la fumée de sortir et les personnes de sortir aussi. Elle a dû être forcée», avait expliqué Tatiana Houblon, qui habite au 6ème étage.

Jean-Marie André, directeur général adjoint d'Immobilière 3F avait pour sa part expliqué: «Cette trappe n'a pas vocation à servir d'issue de secours». Il évoquait nottamment un «immeuble malheureusement difficile dans lequel il y a des trafics de drogue et les accès aux toits sont condamnés pour éviter le caillassage des forces de police».

Le bailleur avait également précisé que les familles étaient actuellement recensées afin de pouvoir être relogées.