La justice donne raison à deux enseignants qui avaient refusé d'appliquer les réformes Darcos

EDUCATION Appartenant au mouvement des désobéisseurs, les professeurs percevront finalement leurs 32 jours de salaire...

Avec agence

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  — S. PAGANO / REPARTAGES
Ils vont finalement être payés. Deux enseignants du mouvement des «désobéisseurs», qui s'opposent aux réformes de l'ancien ministre de l'Education Xavier Darcos, ont obtenu gain de cause devant le tribunal de Marseille. Erwan Redon et Christine Jousset s'étaient vus retirer 32 jours de salaire sur trois mois pour service non effectué.

Le service en question, ce sont les deux heures d'aide personnalisée par semaine, issues de la réforme Darcos. Pour ses opposants qui n'ont pas assuré cette aide, elle alourdit pour les élèves en difficulté des journées qui sont déjà parmi les plus longues d'Europe.

Décision suspendue


«En l'état de l'instruction, (...) les modalités des obligations de service que devaient exécuter M. Redon n'ont pas été précisées». Cela «est de nature à faire un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée», explique la décision du tribunal administratif qui reprend les mêmes arguments pour Christine Jousset.

En conséquence, le tribunal considère que l'exécution des décisions par lesquelles les deux enseignants se sont vus privés d'une partie de leur rémunération «est suspendue».

Dans un communiqué, Erwan Redon se félicite de la décision du tribunal: c'est «une bonne nouvelle pour tous les enseignants qui, d'une manière ou d'une autre, ont désobéi à leur hiérarchie, parfois avec leur bienveillance, en n'appliquant pas la directive de l'aide personnalisée, aberrante pour les enfants et destructrice pour les emplois d'enseignants spécialisés du réseau d'aide (Raded)».